LAVIGERIE CHARLES ALLEMAND- (1825-1892)

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Cardinal français, archevêque d'Alger et de Carthage, fondateur des Pères blancs et des Sœurs blanches, Lavigerie se consacra principalement à l'évangélisation de l'Afrique et à l'amélioration des relations entre l'Église et l'État en France. Né à Bayonne dans une famille de fonctionnaires, il fit ses études ecclésiastiques au grand séminaire de Paris et s'engagea, après son ordination en 1849, dans une carrière intellectuelle. Docteur ès lettres et en théologie, il fut titulaire jusqu'en 1861 de la chaire d'histoire ecclésiastique de la Sorbonne. Il appartenait alors à l'intelligentsia du clergé parisien et entretenait sur les rapports de l'Église et de la société moderne des idées réformistes et libérales. À partir de 1857, il cumula son enseignement universitaire avec la direction de l'Œuvre des écoles d'Orient. À ce titre, il fit un premier voyage en Orient (1860), dont le souvenir, quelques années plus tard, joua un rôle important dans l'orientation missionnaire de son existence. Auditeur de la rote de 1861 à 1863, il eut à prendre position sur la question romaine et se prononça, par une mise à jour de l'esprit, des méthodes et de la composition du gouvernement ecclésiastique, pour une solution générale des difficultés du Saint-Siège dans le monde contemporain. Évêque de Nancy, de 1863 à 1867, il entreprit de nombreuses réformes, s'intéressant en premier lieu au clergé diocésain, qu'il s'efforça de rallier à une méthode apostolique tolérante et ouverte. Sa nomination au siège d'Alger en 1867 ouvrit dans son existence une perspective nouvelle : conscient des difficultés graves que rencontrait dans l'Église le programme libéral et réformiste auquel il s'était attaché, il en abandonna désormais la forme combative pour se consacrer aux missions, conformément d'ailleurs à une vocation personnelle impérieuse. Dès son arrivée à Alger, il réclama la liberté d'apostolat que le gouvernement français refusait à l'Église auprès des musulmans de la colonie. Il entra en conflit sur cette question avec le maréchal de Mac-Mahon, gouverneur général, et obtint une certaine libéralisation de la politique gouvernementale. En même temps, il recevait de Rome la délégation apostolique du Sahara et du Soudan et fondait deux sociétés missionnaires, les Pères blancs (1868) et les Sœurs blanches (1869), destinées à l'évangélisation des populations musulmanes et animistes de l'Afrique.

Au Ier concile du Vatican, il se tint à l'écart de ses amis de la minorité française et chercha, par une manœuvre originale à la fois théologique et diplomatique, à concilier les points de vue opposés des deux principaux partis de l'assemblée sur la question des prérogatives pontificales. En 1877, il posa les fondements du séminaire grec melkite de Jérusalem, espérant contribuer, par l'esprit donné à cette institution, à l'union des Églises d'Occident et d'Orient. En 1878, il recevait de Rome la délégation apostolique d'Afrique équatoriale et envoyait les Pères blancs dans cette partie du continent. Mettant à profit l'établissement du protectorat français sur la Tunisie en 1881, il obtint de Rome sa nomination comme vicaire apostolique de ce pays. Léon XIII le promut au cardinalat en 1882 et restaura pour lui et ses successeurs, en 1884, le titre archiépiscopal de Carthage et la primatie d'Afrique. Deux grandes entreprises occupèrent les dernières années de son existence. Tout d'abord la campagne qu'il mena contre l'esclavagisme africain à partir de 1888 et dont les échos soulevèrent l'Europe et l'Amérique ; cette campagne contribua à la convocation de la conférence que tinrent à Bruxelles les grandes puissances pour régler ce problème (1890). En prononçant, d'autre part, le toast d'Alger en 1890, il lança la politique du ralliement des catholiques à la République. Dans ces deux entreprises, il avait agi à la demande de Léon XIII, dont il partageait les grands desseins sur les rapports de l'Église et du monde et auprès de qui il put reprendre, sous une forme modérée, certaines des idées de sa jeunesse. Cette continuité retrouvée fait apparaître, sous le halo d'opportunisme qui entoure par moments la vie de Lavigerie, plusieurs traits caractéristiques : primauté de l'apostolat, sens des réalités contemporaines, reconn [...]

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Xavier de MONTCLOS, « LAVIGERIE CHARLES ALLEMAND- (1825-1892) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/lavigerie-allemand/