MELCHIOR LAURITZ (1890-1973)

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« Au cœur de la mythologie wagnérienne, le ténor, ce nouvel eroi grec exalte la force des hommes et partage leurs faiblesses. Les „Wälse“ de Siegmund, le chant de la forge et l'affrontement sonore de Siegfried et de Mime, son antagonisme dérisoire, lui confèrent une force tellurique » (Jean Cabourg). Par son intelligence musicale, sa diction, ses aigus d'airain, sa vaillance quasi surhumaine, Lauritz Melchior demeure pour beaucoup le Heldentenor absolu, un Siegmund, un Siegfried et un Tristan inégalables. Ce colosse débordant d'énergie – mais qui était aussi capable du plus extrême raffinement dans ses interprétations – incarne un âge d'or révolu du chant wagnérien.

De la scène à l’écran

Il y a des records difficiles à battre. Quand Lauritz Melchior fit ses adieux à la scène au Metropolitan Opera de New York dans Lohengrin, en 1950, il avait chanté en scène 229 fois Tristan, 188 fois Siegmund, 144 fois Tannhäuser, 128 fois le jeune Siegfried (dans Siegfried), 107 fois celui du Crépuscule des dieux, 106 fois Lohengrin et 81 fois Parsifal. Pour faire bonne mesure, le Heldentenor à la retraite s'embarqua aussitôt dans un Lauritz Melchior Show qu'il chanta 251 soirs de suite.

Hollywood employa aussi à l'époque le géant débonnaire, dans des comédies musicales avec Esther Willams (Thrill of a Romance et This Time for Keeps, de Richard Thorpe, 1945 et 1947) ou Kathryn Grayson (Two Sisters from Boston, de Henry Koster, 1946). L'indestructible Melchior célébrera son soixante-dixième anniversaire en chantant le premier acte de La Walkyrie pour le roi du Danemark, en privé. L'énergie et la splendeur de ses illustres appels (« Wälse ! ») étaient, semble-t-il, intactes. Plus tard, peut-être par nostalgie de ces grands fauves dont il avait été un chasseur passionné, il consacrera une partie de sa fortune à un noble projet : découvrir et reformer une espèce que son départ a laissée en voie d'extinction, [...]


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Écrit par :

  • : agrégé de l'Université, ancien élève de l'École normale supérieure

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Pour citer l’article

André TUBEUF, « MELCHIOR LAURITZ - (1890-1973) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/lauritz-melchior/