BACALL LAUREN (1924-2014)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Elle fut surnommée « The Look », « Le Regard ». Mais son timbre de voix grave, profond, d'intensité très basse, la caractérisait également, comme sa silhouette élancée, élégante, aux postures langoureuses et provocantes. Au même titre que Katharine Hepburn, de quatre ans son aînée, elle incarne une certaine modernité féminine qui apparaît dans les années 1940. Ou plutôt une image de la femme moderne qui va modeler l'imaginaire d'une nouvelle génération de spectateurs aussi bien féminins que masculins.

L'émancipation de la femme au cinéma

Betty Joan Perske, son vrai nom, naît à New York le 16 septembre 1924. Elle est issue d'une modeste famille juive originaire de Pologne et de Roumanie. Le père est représentant, la mère secrétaire. La situation familiale devient encore plus difficile après leur divorce, en 1929. Mais un oncle favorise les études de la fillette. Assez bonne élève au lycée, Betty Bacal – sa mère a repris une partie de son nom de jeune fille (Weinstein-Bacal) – suit également des cours d'art dramatique le samedi. Il n'est pas indifférent qu'adolescente, aspirant au métier d'actrice, elle admire Bette Davis et Katharine Hepburn. Dès cette époque, que ce soit dans L'Emprise (Of Human Bondage, 1934) de John Cromwell, qui la lança dans un typique emploi de garce, et surtout dans L'Intruse (Dangerous, 1935) de A. E. Green, où son personnage d'actrice alcoolique lui vaut un oscar, Bette Davis est plus qu'un « tempérament ». Dès 1932, Katharine Hepburn s'était imposée face à un monstre sacré, lui-même venu du théâtre, John Barrymore dans L'Héritage (A Bill of Divorcement) de George Cukor. Le personnage qu'incarne Katharine Hepburn, à la fois indépendant, moderne, volontaire et à la silhouette androgyne, influence la jeune Betty. Pourtant, à l'impétuosité naturelle d'Hepburn, à la rapidité de son phrasé, à sa voix métallique et parfois nasillarde, Lauren Bacall opposera une non [...]



1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 3 pages




Écrit par :

  • : critique et historien de cinéma, chargé de cours à l'université de Paris-VIII, directeur de collection aux Cahiers du cinéma

Classification


Autres références

«  BACALL LAUREN (1924-2014)  » est également traité dans :

BOGART HUMPHREY (1899-1957)

  • Écrit par 
  • Christian VIVIANI
  •  • 1 493 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Un aventurier sentimental »  : […] Profitant du passage au cinéma parlant qui valut à plusieurs acteurs de théâtre, familiers de la diction, d'être engagés à Hollywood, Humphrey Bogart part pour la Californie où la Fox lui fait tourner cinq films (dont un avec John Ford). Le fils de grand bourgeois est déjà le mauvais garçon patibulaire, à la démarche nerveuse et au débit de mitraillette, mais il n'impressionne guère et revient à B […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/humphrey-bogart/#i_37563

Pour citer l’article

Joël MAGNY, « BACALL LAUREN - (1924-2014) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 décembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/lauren-bacall/