GUIRLANDE DE JULIE LA

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Recueil de poèmes collectif, composé à l'imitation des « guirlandes » italiennes et offert le 1er janvier 1634 (plutôt qu'en 1641, comme le veut la tradition) par le marquis de Montausier (qui deviendra plus tard duc et pair et sera nommé précepteur du Dauphin), à Julie d'Angennes, fille de la marquise de Rambouillet, qu'il courtisait depuis 1631 et qu'il finira par épouser en 1645. Le volume comprend soixante-deux madrigaux : seize ont été écrits par Montausier lui-même ; il a choisi les autres parmi ceux que les habitués de l'hôtel de Rambouillet lui ont envoyés à sa demande (les éditions modernes joignent à cet ensemble une trentaine de pièces écartées par Montausier). Les poètes les plus représentés sont Malleville (neuf pièces retenues sur les treize qu'il avait composées), Scudéry (cinq sur douze), Colletet (quatre), P. Habert et Arnauld de Pomponne (trois), et un écrivain qui a signé six pièces d'un C... et en qui il faut très vraisemblablement reconnaître Conrart plutôt que Corneille, comme on l'a longtemps prétendu. Voiture ne figure pas parmi les auteurs du recueil, soit que Montausier ne l'ait pas sollicité, soit qu'il n'ait pas obtenu sa collaboration (les deux hommes se détestaient et se jalousaient).

Dans les volumes originaux, celui en particulier dont la calligraphie a été confiée à Jarry et les peintures à Robert (l'écriture vaut beaucoup mieux que les miniatures), les poèmes sont disposés sur vingt-six feuillets : sur chacun de ces feuillets est peinte une fleur, et, au-dessus, sont reproduits un ou plusieurs madrigaux dans lesquels cette fleur prend la parole pour faire l'éloge de Julie, s'inclinant devant sa beauté ou s'honorant de la couronner. La plupart de ces poèmes sont bien conventionnels et bien fades. Tout au plus peut-on citer « La Violette » de Desmarets de Saint-Sorlin, qui a été fort célèbre au xviiie siècle, une autre « Violette », celle de Malleville, « L'Angélique » du même Malleville, « Le Pavot » de Scudéry, poèmes qui se recommandent encore par l'élégance de leur facture et la grâce ou l'esprit de leur pointe finale. Néanmoins, si le présent de Montausier ne fit guère progresser ses affaires auprès de Julie, il contribua à attirer sur l'hôtel de Rambouillet l'attention du monde et à accroître son prestige.

—  Bernard CROQUETTE

Écrit par :

  • : agrégé de l'Université, maître assistant à l'université de Paris-VII

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Pour citer l’article

Bernard CROQUETTE, « GUIRLANDE DE JULIE LA », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 décembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/la-guirlande-de-julie/