BÊTE DE L'APOCALYPSE LA

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Le thème, chrétien ou judéo-chrétien, de la Bête est connu par le livre canonique de l'Apocalypse (xiii). Dans ce texte, on voit une première Bête « surgir de la mer » (rappel direct des quatre bêtes de Daniel, vii, qui sortent également de la mer, tout comme l'Aigle du IVe Livre d'Esdras, xi), « portant sept têtes et dix cornes » ; le Dragon (dans les Psaumes de Salomon, ii, ce monstre symbolise Pompée) lui « transmet sa puissance et son trône avec un empire immense » (1-2). Une seconde Bête surgit « de la terre », « au service de la première Bête » (11-12). Dans cette vision célèbre, la réinterprétation de Daniel (vii) est manifeste : les quatre bêtes, de même que les quatre empires, se sont fondus en un.

Scène de l'Apocalypse

Scène de l'Apocalypse

photographie

Scène de l'Apocalypse : mise à mort de la Bête à sept têtes. Manuscrit enluminé anglo-normand du XIIIe s. Trinity College, Cambridge, Grande-Bretagne 

Crédits : Bridgeman Images

Afficher

Dans les deux cas, la Bête représente un pouvoir politique, l'empire grec des successeurs d'Alexandre, d'une part (Dan., vii), l'Empire romain, de l'autre (Apoc., xiii). Dans la littérature rabbinique aussi bien que dans les premiers écrits chrétiens, on identifiait à l'Empire romain la quatrième Bête et le quatrième royaume de Daniel (vii, 23). La formule « surgir de la mer » peut avoir une origine double : l'une historique (par rapport à la Palestine, il s'agit d'un pouvoir méditerranéen occidental), l'autre mythique (les puissances infernales surgissant de la mer). L'Apocalypse (xiii, 18) donne le « chiffre de la Bête », 666, ou 616 selon quelques témoins (la gématrie, spéculation littéraire chiffrée, est un procédé cher aux auteurs d'apocalypses). En hébreu comme en grec, chaque lettre ayant une valeur numérique correspondant à sa place dans l'alphabet et tout mot totalisant la valeur numérique de ses lettres, on peut comprendre, qu'il s'agit ici suivant que l'on adopte l'une ou l'autre des deux leçons manuscrites, soit de César-Néron (en lisant 666, selon l'équivalence des lettres hébraïques), soit de César-Dieu (en lisant 616, selon l'équivalence des lettres grecques).

—  André PAUL

Écrit par :

Classification


Autres références

«  BÊTE DE L'APOCALYPSE LA  » est également traité dans :

ANTÉCHRIST

  • Écrit par 
  • Hervé SAVON
  •  • 1 187 mots
  •  • 1 média

C'est dans un texte du Nouveau Testament — la première Épître de Jean (fin i er /déb. ii e s.) — qu'apparaît pour la première fois le mot grec antichristos , dont le français « antéchrist » est le calque imparfait. Cependant, on voit se former l'idée d'un antimessie — c'est […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/antechrist/#i_13002

APOCALYPSE DE JEAN

  • Écrit par 
  • Jean HADOT
  •  • 6 530 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Interprétation actuelle »  : […] C'est seulement vers la fin du xix e  siècle que, peu à peu, se dégagea la véritable solution. Elle consistait à revenir à l'interprétation la plus ancienne, en considérant l'ouvrage comme une « apocalypse », qui annonçait l'imminence de la fin des temps et la décrivait selon les méthodes habituelles. Ce qui avait manqué pour aboutir plus tôt à ce […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/apocalypse-de-jean/#i_13002

Pour citer l’article

André PAUL, « BÊTE DE L'APOCALYPSE LA », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 septembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/la-bete-de-l-apocalypse/