L'ŒUVRE D'ART À L'ÉPOQUE DE SA REPRODUCTION MÉCANISÉE, Walter BenjaminFiche de lecture

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Du destin de l'art

Pour Benjamin, cet état de fait redéfinit non seulement la réception des œuvres d'art du passé, et donc la manière dont on a pu faire et dont on fera l'histoire de l'art, mais pose également la question du destin d'un art qui serait non plus seulement reproduit mais également produit par ces moyens de reproduction mécanisés. L'autorité de l'objet reproduit se trouvant sacrifiée avec son aura, sur quel critère sera fondé l'autorité de l'art à venir ? « De même qu'aux âges préhistoriques, l'œuvre d'art, par le poids absolu de sa valeur rituelle, fut en premier lieu un instrument de magie dont on n'admit que plus tard le caractère artistique, de même de nos jours, par le poids absolu de la valeur d'exposition, elle devient une création à fonctions entièrement nouvelles – parmi lesquelles la fonction pour nous la plus familière, la fonction artistique, se distingue en ce qu'elle sera sans doute reconnue plus tard accessoire. » Pour Benjamin, il y a bien un destin spécifique de l'art « après » la photographie dont les images, réalisées par Eugène Atget dans les rues de Paris au tournant du xxe siècle, représentent l'archétype : des images dans lesquelles la valeur d'exposition refoule sur toute la ligne la valeur rituelle. L'art de l'avenir sera peut-être redéfini par les qualités propres de la photographie selon des critères qui échappent encore, en 1936, à l'analyse : « On s'était auparavant dépensé en vaines subtilités pour résoudre ce problème : la photographie est-elle ou n'est-elle pas un art ? – sans s'être préalablement demandé si l'invention même de la photographie n'avait pas, du tout au tout, renversé le caractère fondamental de l'art... » Appelant à un renversement de la question de l'art au xxe siècle, Benjamin propose une redéfinition des critères de l'esthétique traditionnelle par la photographie. L'autorité que prendra cette dernière comme modèle et comme pratique dans l'art de la fin du xxe siècle donne à ce pronostic une valeur prophétique.


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 2 pages


Écrit par :

  • : historien de la photographie, maître de conférences à l'université de Paris-VIII

Classification


Autres références

«  L'OEUVRE D'ART À L'ÉPOQUE DE SA REPRODUCTION MÉCANISÉE, Walter Benjamin  » est également traité dans :

ART (L'art et son objet) - La reproduction en art

  • Écrit par 
  • Denys RIOUT
  •  • 2 028 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « Irreproductibilité des œuvres d'art »  : […] L'irreproductibilité de l'œuvre d'art est aujourd'hui un dogme solidement ancré. Il s'appuie sur le fait que l'œuvre, concrétion matérielle d'une pensée vivante, est achevée au terme d'un processus qui ne peut jamais être reconduit à l'identique. Au mieux, la copie qui parviendrait à surmonter ces obstacles serait une simple imitation de l'apparence à laquelle manquerait irrémédiablement ce que l' […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/art-l-art-et-son-objet-la-reproduction-en-art/#i_34115

Pour citer l’article

Paul-Louis ROUBERT, « L'ŒUVRE D'ART À L'ÉPOQUE DE SA REPRODUCTION MÉCANISÉE, Walter Benjamin - Fiche de lecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 17 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/l-oeuvre-d-art-a-l-epoque-de-sa-reproduction-mecanisee/