WALDHEIM KURT (1918-2007)

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Kurt Josef Waldheim est né le 21 décembre 1918 à Sankt Andrä-Wördern, en Basse-Autriche. D'origine tchèque, son père, Walter Watzlawik, instituteur puis surintendant des écoles du district de Tulln, a germanisé son nom en Waldheim au lendemain de la Première Guerre mondiale. Le jeune Kurt entre au lycée de l'Abbaye de Klosterneuburg, où il rejoint la Fraternité catholique de Comagène. À la fin de 1936, il effectue son service militaire dans l'unité de cavalerie du 1er régiment des Dragons avant d'être admis, un an plus tard, à l'Académie consulaire de Vienne qui forme les diplomates.

Avec l'Anschluss, en 1938, l'Autriche est annexée par l'Allemagne nationale-socialiste. Kurt Waldheim devient alors membre de l'Association des étudiants nationaux-socialistes et des Reiter-SA, la cavalerie SA. Il niera cependant toute sa vie avoir signé le moindre engagement. Il poursuit ses études de droit jusqu'à sa mobilisation au printemps de 1940. Il devient rapidement sous-lieutenant. Après l'avoir envoyé sur le front russe, où il est blessé en 1941, l'armée allemande l'affecte en 1942 en Bosnie occidentale, puis près de Salonique, Waldheim prétendra avoir alors repris ses études. Promu lieutenant, il bénéficie d'un congé pour études de l'automne de 1942 à avril 1943. En mars 1944, Kurt Waldheim soutient sa thèse de doctorat « L'idée du Reich chez Konstantin Frantz » à l'université de Vienne, puis épouse en août Elisabeth Ritschel, militante nationale-socialiste. Fait prisonnier de guerre par les Américains, il est rapidement « blanchi » et devient, en 1945, secrétaire de Karl Gruber, le ministre des Affaires étrangères conservateur chrétien. Bien que les Yougoslaves désirent le faire inscrire sur le fichier des criminels de guerre supposés de l'O.N.U., Kurt Waldheim est nommé, de 1948 à 1951, premier secrétaire de légation à Paris. En 1955-1956, il est observateur permanent, puis chef de la mission de l'Autriche à l'O.N.U. avant d'en occuper le poste de représentant permanent de 1964 à 1968, puis de 1970 à 1971.

Ministre des Affaires étrangères (1968-1970), il donne l'ordre, pendant le Printemps de Prague, de fermer l'ambassade d'Autriche et de n'accepter aucun réfugié, ordre que l'ambassadeur refuse de suivre.

En 1971, l'Assemblée générale des Nations unies l'élit secrétaire général de l'organisation, puis le réélit en 1976. En décembre 1981, la République populaire de Chine met son veto à un troisième mandat. Entre autres crises, Kurt Waldheim a été confronté à la guerre du Kippour de 1973 ; à cet égard, une trop grande proximité avec l'Union soviétique et surtout avec les pays arabes lui a souvent été reprochée.

En 1986, Kurt Waldheim est le candidat du parti conservateur chrétien, l'Ö.V.P. (Österreichische Volkspartei, Parti du peuple autrichien) à la présidence de la République. Alors que, pendant les années Kreisky, la presse autrichienne l'avait relativement bien traité, l'hebdomadaire Profil commence à enquêter sur son passé et constate qu'il a menti sur ses activités à l'époque du national-socialisme et de la Seconde Guerre mondiale. En mars 1986, le New York Times affirme, documents à l'appui, que Kurt Waldheim a appartenu à une unité de la Wehrmacht coupable d'atrocités dans les Balkans et qu'il était stationné à Salonique, en Grèce, au moment où 40 000 juifs grecs étaient déportés vers les camps d'extermination. Bruno Kreisky et Simon Wiesenthal, le célèbre « chasseur » autrichien de nazis, le soutiennent pourtant dans un premier temps. Mais d'autres éléments, dont les révélations du Congrès juif mondial, jettent la suspicion sur sa personne. Immédiatement, ses partisans s'élèvent contre « l'ingérence étrangère » ; certains dénoncent « la juiverie internationale ». Si le monde entier s'indigne de ces réactions, oubliant que Kurt Waldheim a été secrétaire général de l'O.N.U. pendant dix ans, celui-ci choisit de favoriser le repli sur soi en arguant pour sa défense « n'avoir fait que son devoir » comme des centaines de milliers d'Autrichiens. Lors du second tour de la présidentielle, le 8 juin 1986, il recueille 53,9 p. 100 des suffrages exprimés et devient président de la République. E [...]

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  • : professeur émérite d'histoire contemporaine à l'université de Rouen

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Paul PASTEUR, « WALDHEIM KURT - (1918-2007) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/kurt-waldheim/