PHILBY KIM (1912-1988)

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Mort à Moscou le 11 mai 1988, Harold Adrian Russell (dit Kim) Philby a été l'un des espions soviétiques les plus célèbres de l'après-Seconde Guerre mondiale. En compagnie de ses trois principaux camarades, Guy Burgess, Donald MacLean et Anthony Blunt, il a constitué le groupe habituellement désigné comme le « cercle des espions de Cambridge » (dénomination par ailleurs contestable), et l'une des figures bientôt mythiques que se disputent les romanciers d'espionnage du monde anglo-américain, dont Graham Greene et John Le Carré.

Kim Philby, 1955

Kim Philby, 1955

Photographie

Le Britannique Kim Philby (1912-1988), suspecté en 1952 d'espionnage pour le compte de l'U.R.S.S., est blanchi de tout soupçon par Macmillan, en 1955 (il donne ici une conférence de presse). Il sera enfin démasqué en 1963 et devra fuir en U.R.S.S. 

Crédits : Keystone/ Hulton Archive/ Getty Images

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Sa carrière doit tout aux principes étranges qui commandaient le recrutement des services secrets britanniques depuis le début du siècle et jusque dans les années 1960 au moins– la prise en compte des relations familiales et universitaires et du milieu social, la foi dans l'intelligence et la « loyauté innée » de brillants « amateurs », la méfiance envers les « experts » ! Il appartient à l'establishment par sa naissance dans une famille de la gentry (il est le fils d'un brillant orientaliste, par ailleurs agent britannique, puis saoudien) et par sa formation dans l'école réputée de Westminster et à Trinity College à Cambridge, où il achève ses études littéraires. Recruté par les services soviétiques à la suite d'un séjour en Autriche en 1934, il entre dans le S.I.S. (Secret Intelligence Service) en 1938, et son appartenance sociale aide longtemps à sa promotion interne, puis à sa protection.

Son ralliement à l'Union soviétique ne paraît pas avoir été dû à l'argent. Il s'en est expliqué dans ses Mémoires publiés en 1967 à New York et traduits en français en 1968 sous le titre Ma Guerre silencieuse (Laffont) ainsi que dans une série d'interviews accordée peu avant sa mort au Sunday Times de Londres.

On estime en général que ses motivations ont été faites d'un mélange de rejet de la politique de compromis avec les dictateurs jusqu'en 1939, de croyance dans le déclin de la Grande-Bretagne, de foi dans un système rév [...]

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Écrit par :

  • : professeur à l'université de Paris-III-Sorbonne nouvelle

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Pour citer l’article

Roland MARX, « PHILBY KIM - (1912-1988) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/kim-philby/