KERMANSHAHAN

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Province de l'Iran occidental (24 988 km2, 1 921 200 hab. en 2004, estimation), limitée à l'ouest par l'Irak et au nord par la province iranienne du Kurdistān, la région abrite une majorité de Kurdes. Sur le grand axe routier Téhéran-Bagdad, à 190 kilomètres à l'ouest de Hamadan, se trouve le chef-lieu de la province, Kermanshah (anc. Bakhtarān), une ville du Zagros située à 1 700 mètres d'altitude, au climat tempéré, peuplée de 794 800 habitants en 2006. Grand marché pour les tribus, elle est renommée depuis l'Antiquité pour ses élevages de chevaux ; l'élevage de moutons et de chèvres, l'agriculture et, surtout, l'industrie (sucre, agroalimentaire, textile, pétrochimie) constituent les principaux revenus de la province ; l'artisanat local est assez florissant (belles étoffes colorées, notamment pour turbans ; fabrication de tapis, en déclin). Fortement hiérarchisées, de nombreuses petites tribus kurdes, diversifiées par leurs dialectes et leurs croyances (musulmans sunnites ou hétérodoxes), se partagent les pâturages et les terrains de parcours.

Bien qu'attribuée à la dynastie mythique des Pīshdādiyān, la fondation de la ville est probablement due au Sassanide Bahrām IV (388-399), qui portait le titre de roi de Kermān : Kermānshāhān. La ville fut favorisée par ses successeurs, notamment par Khosrow-Parviz (590-628). Prospère au début de l'époque islamique, elle fut réduite à l'état de village par l'invasion mongole. Favorisée et fortifiée par les Safavides, elle vécut dès lors sous la menace incessante des Turcs : elle subit l'occupation ottomane en 1723, fut reprise par les Afghāns en 1727, chassés à leur tour par Nāder shāh en 1730, elle repoussa une attaque turque sous Fath Ali shāh et fut occupée par l'armée turque de 1915 à 1917.

Limitée à l'est par la province de Hamadan (ancienne Ecbatane, capitale des Mèdes et une des capitales des Achéménides), la province abonde en vestiges archéologiques : reliefs et inscriptions rupestres de Darius Ier à Bisotūn ; grottes et bas-reliefs sassanides à Tāq-e Bostān ; vestiges du palais de Khosrow-Parviz à Qasr-e Shirīn, près de la frontière irakienne ; ruines de l'ancienne Dinavar (des Séleucides à la fin du xive s.).

—  Jean CALMARD

Écrit par :

  • : chargé de recherche au C.N.R.S., chargé de conférences à l'École pratique des hautes études (IVe section)

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Pour citer l’article

Jean CALMARD, « KERMANSHAHAN », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 05 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/kermanshahan/