KAZIMIR MALEWICZ, LE PEINTRE ABSOLU (A. Nakov)

Quatre ans après le catalogue raisonné de Malewicz et malgré maintes vicissitudes éditoriales, paraissait enfin en 2006 la somme d'Andréi Nakov, Kazimir Malewicz, le peintre absolu (Thalia Édition). Et l'on ne peut que saluer l'aboutissement d'un projet initié dès la fin des années 1950 par Carl Gutbrot des éditions Du Mont Schauberg et confié à Nakov depuis 1979. Un projet qui, dans la situation actuelle des éditions d'art, pourra sembler parfaitement déraisonnable : trois imposants volumes, quelque mille deux cents pages d'un texte dense et abondamment illustré, pour rendre compte in extenso du parcours de l'une des figures majeures de l'art du xxe siècle. Cette monographie, longtemps attendue, vient à point nourrir une bibliographie française qui, outre les travaux déjà anciens de Jean-Claude Marcadé, reste fort maigre, tandis que les études anglo-saxonnes sont, elles, plus fournies en la matière. D'où un sentiment mêlé à la lecture de cet ouvrage : assurément nécessaire et comblant un véritable manque, son impact risque toutefois d'être quelque peu émoussé par sa publication tardive. De cet état de fait, l'auteur n'est pas responsable, qui y voit un signe supplémentaire de l'étrange destinée de Malewicz, de la situation si particulière qu'il occupe dans l'histoire : s'il a participé, avec Wassily Kandinsky et Piet Mondrian, à l'invention de l'art abstrait, il est nettement moins bien connu qu'eux et faillit même disparaître des annales, victime de l'ostracisme du régime soviétique. Sa persistance, ô combien inestimable, nous la devons à des hasards de circonstance et surtout à l'obstination de quelques-uns, parmi lesquels Andréi Nakov.

L'attachement de l'auteur, voire parfois son indentification à son objet d'étude, font la marque de cette monographie qui ne craint pas l'implication : ses origines bulgare et polonaise permettent en effet à Andréi Nakov de saisir diverses subtilités de langue (en particulier le choix du terme « suprématisme », d'origine latine) e [...]

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Guitemie MALDONADO, « KAZIMIR MALEWICZ, LE PEINTRE ABSOLU (A. Nakov) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le . URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/kazimir-malewicz-le-peintre-absolu/