HAVLÍČEK-BOROVSKY KAREL (1821-1856)

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Originaire de Bohême, Karel Havlíček-Borovsky fut, en même temps qu'une personnalité politique de premier plan, le créateur du journalisme moderne dans son pays. Après avoir été exclu du séminaire pour progrès insuffisants et légèreté d'esprit, il fit son apprentissage en Pologne et surtout en Russie, d'où il reviendra persuadé que, si assurément il est slave, il est d'abord un Tchèque. De son séjour en Russie, il garde surtout le souvenir de Gogol, dont il devint un excellent interprète. En 1846, de retour en Bohême, Havlíček devient rédacteur du journal gouvernemental (Journal de Prague, Pražské Noviny), qui se transforme sous son influence en un organe de la pensée libérale.

Collaborateur de František Palacky, il est élu en 1848 tout d'abord à la Diète tchèque et ensuite à la Diète de l'Empire à Vienne. L'année insurrectionnelle de 1848 représente pour lui un test politique décisif. Aussi adversaire de l'absolutisme que du radicalisme démocratique, dont la doctrine lui apparaît confuse, il propose à sa nation une conception qui la mènerait vers une émancipation concrète : « Aucune force [...] ne saurait maintenir dans la soumission une nation cultivée, généreuse et courageuse. »

Abandonnant le Pražské Noviny, il édite depuis avril 1848 le Journal national (Národní Noviny), qui est interdit dès le début de 1850, mais qu'il réussit à remplacer par un bi-hebdomadaire, Le Slave (Slovan), interdit à son tour en août 1851. En novembre de la même année, Havlíček comparaît devant les assises et est acquitté ; mais, en décembre, le ministère viennois le fait déporter à Brixen (Tyrol), d'où il ne reviendra qu'en 1855 pour mourir, tuberculeux, un an plus tard. Ses funérailles revêtiront l'aspect d'une démonstration patriotique contre l'absolutisme centralisateur.

Havlíček est l'auteur de trois poèmes satiriques qui comptent parmi les chefs-d'œuvre des lettres tchèques : Le Baptême de saint Vladimir (Křest svatého Vladimíra) fustige l'obscurantisme autant étatique que radical ; Les Élégies tyroliennes (Tyrolské Elegie) chantent le défi amer du poète tchèque exilé de force ; enfin Le Roi Lavra (Král Lávra), inspiré par la légende du roi Midas, met en scène un monarque aux oreilles d'âne.

Havlíček est l'une des plus fortes personnalités de toute l'histoire de la culture tchèque. Thomas Masaryk, fondateur de la République tchécoslovaque, estimait que la vie et l'œuvre de Havlíček doivent être nécessairement exemplaires pour tout Tchèque fondant l'idée nationale sur le respect de la vérité, des libertés et de la foi.

—  Ivo FLEISCHMANN

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Ivo FLEISCHMANN, « HAVLÍČEK-BOROVSKY KAREL - (1821-1856) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 février 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/karel-havlicek-borovsky/