JULIETA (P. Almodóvar)

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Dans l’histoire du cinéma, il existe peu de parcours que l’on puisse comparer à celui de Pedro Almodóvar. En effet, soit les cinéastes liés à un mouvement d’idées ou de mode sombrent dans l’oubli, soit ils se figent en représentants d’une époque donnée. Lié au mouvement de la Movida au point d’être pratiquement identifié à lui, Almodóvar a réussi à le dépasser, sans le trahir : chez lui, le bariolage est devenu recherche esthétique, l’anarchie du cadre une géométrie savante, les excès du mélodrame et de la comédie sont maintenant retenue, voire pudeur. S’il fallait résumer l’évolution du cinéaste, on pourrait dire que jamais il n’a renoncé à ce qu’il a pu être : dans une démarche de plus en plus rigoureuse, il a simplement ajouté des qualités à celles qui existaient déjà, rebelles, chez le bouillant débutant. Cet artiste généreux et ouvert additionne, accumule, met en ordre, mais n’exclut rien. Si bien qu’on ne s’étonnera pas d’une autre métamorphose : le cinéaste jadis marginal est devenu un grand cinéaste populaire, dont les œuvres ont à la fois de quoi combler le cinéphile à la pointe de la recherche, et de quoi faire trembler ou pleurer Margot.

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Écrit par :

  • : historien du cinéma, maître de conférences à l'université de Paris-I-Panthéon-Sorbonne, rédacteur à la revue Positif

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Pour citer l’article

Christian VIVIANI, « JULIETA (P. Almodóvar) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 février 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/julieta/