EICHENDORFF JOSEPH VON (1788-1857)

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Le culte que ses admirateurs lui ont voué a longtemps desservi Eichendorff auprès des critiques spécialisés. Pendant près d'un siècle, on n'a le plus souvent vu en lui que le chantre de la forêt allemande – un de plus –, celui de la nostalgie commune à tant de romantiques, de la Wanderlust, la joie des longues randonnées pédestres, et celui d'un catholicisme strictement orthodoxe quant au fond et quelque peu naïf pour ce qui est de l'expression. En réponse à ceux qui appréciaient ses poèmes et ses nouvelles, mais qui s'exprimaient, il faut bien le dire, plus souvent en exclamations laudatives qu'en termes d'analyse littéraire, on allait répétant la phrase méchante selon laquelle il n'aurait rien inventé et que son œuvre entière, thèmes, métaphores et prosodie, se trouvait déjà chez Tieck. Aimable épigone, romantique attardé, dernier chevalier du romantisme : au premier abord, Eichendorff paraît bien mériter toutes ces appellations, et c'est seulement vers le milieu du xxe siècle que fut découvert et mis en évidence l'apport original – et qui n'est pas négligeable – d'Eichendorff à l'ensemble du mouvement romantique.

Le dernier romantique

La Silésie était encore plongée dans l'Ancien Régime lorsque Joseph von Eichendorff vit le jour, au château de Lubowitz, en 1788, et son enfance connut une « vie de château » qu'aujourd'hui nous ne saurions plus vivre qu'en rêve. Ses études aux universités de Halle puis de Heidelberg (1805-1808) le mettent en contact avec des romantiques déjà connus comme Görres. Durant un séjour à Berlin (1809-1810) et un autre à Vienne (1810), il fréquente Arnim et Brentano ; les Schlegel sont ses amis. La fortune des Eichendorff ne survécut pas aux guerres napoléoniennes, et le jeune baron dut accepter à contre-cœur une carrière de fonctionnaire prussien dont il compensa l'austérité en se réfugiant dans la création littéraire, ce qui, en même temps, palliait la pauvreté de son existence. Breslau, Danzig, Königsberg et Berlin sont ses étapes ; retraité de bonne heure, il retourne en Silésie, où il meurt.

Ce [...]

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Écrit par :

  • : Maître assistant à la faculté des lettres et sciences humaines de Nanterre

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Pour citer l’article

Georges PAULINE, « EICHENDORFF JOSEPH VON - (1788-1857) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 mars 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/joseph-von-eichendorff/