KABILA JOSEPH (1971- )

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Joseph Kabila fut le président de la République démocratique du Congo (RDC) de 2001 à 2019.

Joseph Kabila est né le 4 juin 1971 dans la province du Kivu, au Zaïre (auj. RDC). Fils du leader rebelle Laurent-Désiré Kabila devenu chef de l'État en 1997, il passe la majeure partie de son enfance et de sa scolarité en Tanzanie. Il combat au côté des forces rebelles qui déposent le président du Zaïre Mobutu Sese Seko en 1997 et investissent Laurent-Désiré Kabila à la tête du pays ; celui-ci rétablit alors l'ancien nom du pays, la République démocratique du Congo. Joseph Kabila poursuit ensuite sa formation militaire en Chine. À son retour, il prend la tête de l'armée congolaise, avec le grade de général de division.

Le 16 janvier 2001, Laurent-Désiré Kabila est assassiné. Dix jours plus tard, Joseph Kabila est investi président de la RDC. Il hérite d'un pays en guerre avec des forces rebelles appuyées par des États voisins, qui est dépourvu d'une administration efficace et des services de base pour la population, et dont l'économie est en ruine.

Joseph Kabila est alors peu connu, et les conseillers de son père pensaient pouvoir le manipuler facilement. Toutefois, le nouveau chef de l'État crée la surprise en modifiant l'orientation politique du pays. Moins d'une semaine après son entrée en fonction, il effectue son premier déplacement officiel à l'étranger. Il rencontre ainsi les chefs des gouvernements français et belge, puis se rend aux États-Unis, où il s'entretient avec le secrétaire d'État Colin Powell ainsi qu'avec les représentants de la Banque mondiale, du FMI et des Nations unies. Durant cette escale américaine, il rencontre également le président rwandais Paul Kagame, qui avait été l'un des principaux opposants de son père. Lors d'une visite en Zambie en février 2001, Joseph Kabila accepte de faire appliquer l'accord de cessez-le-feu signé en juillet 1999 mais jamais observé. Il négocie également avec les groupes rebelles. Les gouvernements des cinq pays – Rwanda, Ouganda, Zimbabwe, Angola et Namibie – qui ont posté des soldats en RDC acceptent d'entamer le retrait de leurs troupes. Des casques bleus de l'ONU arrivent dès la fin du mois de mars 2001 pour faire respecter le cessez-le-feu et superviser les opérations de retrait. En avril, Joseph Kabila congédie le gouvernement mis en place par son père et en nomme un nouveau. En décembre 2002, il signe un accord avec les rebelles afin de mettre un terme à la guerre et de constituer un gouvernement d'union nationale de transition. L'accord de paix est ratifié en avril 2003 ; la même année, Joseph Kabila forme un nouveau gouvernement intérimaire et confie la vice-présidence, ainsi que plusieurs ministères, à d'anciens chefs rebelles.

Les efforts de paix de Joseph Kabila n'emportent toutefois pas l'approbation générale. En 2004, plusieurs tentatives de coup d'État auraient été fomentées contre lui, mais les forces loyalistes gardent le contrôle. Le chef de l'État poursuit sa politique d'unification du pays. En 2006, une nouvelle Constitution est promulguée et la RDC organise ses premières élections multipartites depuis plus de quarante ans. À l'issue du premier tour, Joseph Kabila n'obtient pas la majorité absolue des voix (44,8 p. 100), mais devance largement son rival Jean-Pierre Bemba (20 p. 100) ; il remporte la victoire lors du second tour, en octobre 2006. Au début de l'année 2008, il signe un accord de paix avec plus de vingt groupes rebelles de l'est du pays, mais certains rompent la trêve avant la fin de l'année.

En 2011, Joseph Kabila se présente à nouveau à l'élection présidentielle, face à dix adversaires, dont le plus sérieux est l'ancien Premier ministre Étienne Tshisekedi. Il bénéficie de l'amendement à la Constitution, adopté en janvier 2011, qui supprime le second tour de scrutin, permettant ainsi de remporter la victoire sans nécessairement obtenir la majorité absolue des voix. De nombreux Congolais reprochent à Joseph Kabila de ne pas avoir tenu toutes ses promesses de 2006, et Étienne Tshisekedi, personnalité populaire de l'opposition, reçoit un soutien considérable. La période qui précède l'élection est ponctuée de violences et marquée par la crainte que les électeurs soient empêchés de voter, notamment dans les régions isolées. Le scrutin se déroule néanmoi [...]

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« KABILA JOSEPH (1971- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/joseph-kabila/