GREINDL JOSEF (1912-1993)

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La voix aussi imposante que la stature, Josef Greindl est sans doute l'un des plus purs représentants de l'école de chant allemande et l'un des plus parfaits interprètes du grand répertoire germanique. Noblesse et rigueur marquent la carrière sans faux pas de la grande basse bavaroise, tout entière dédiée à l'honneur de servir la musique.

Josef Greindl

Photographie : Josef Greindl

La basse allemande Josef Greindl (1912-1993) en 1964 dans le rôle de Hans Sachs des Maîtres chanteurs de Nuremberg de Richard Wagner mis en scène par Wieland Wagner au festival de Bayreuth. 

Crédits : Keystone/ Getty Images

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Josef Greindl naît à Munich, le 23 décembre 1912. C'est à l'académie de musique de sa ville natale qu'il fait ses études (1932-1936) dans les classes de Paul Bender et d'Anna Bahr-Mildenburg. Premier contact avec le public en 1935 dans une représentation du Freischütz de Weber, mais véritables débuts professionnels à Krefeld en 1936 dans le rôle de Hunding de La Walkyrie de Wagner. De 1938 à 1942, il appartient à la troupe de l'Opéra de Düsseldorf. Heinz Tietjen l'y remarque et l'appelle à la Staatsoper de Berlin (1942-1948). Dès cette époque, c'est un pilier de Bayreuth. Il s'y illustre dans le rôle de Pogner des Maîtres chanteurs de Wagner, que dirige en 1943 Wilhelm Furtwängler. Sa carrière prend son essor véritable à la fin de la guerre. Les plus grandes scènes lyriques — Paris, Londres, Milan, Buenos Aires — se l'arrachent. Il participe régulièrement aux festivals d'Édimbourg et de Salzbourg (1949-1952) et fait ses débuts au Metropolitan Opera de New York en 1952. Mais c'est à Bayreuth qu'il retourne toujours. Il y chantera tous les ans de 1952 à 1969 en compagnie des plus grandes voix — Windgassen, Mödl, Jurinac, Varnay, Grümmer, Neidlinger, Patzak, Hotter, London, Suthaus, Silja, Bumbry, Wächter, Rysanek — et sous les baguettes les plus inspirées — Furtwängler, Böhm, Knappertsbusch, Krauss, Sawallisch, Keilberth. C'était la grande époque Wieland Wagner. En 1956, il est nommé Kammersänger à Berlin et entre dans la troupe de l'Opéra de Vienne. Depuis quelques années, déjà, il menait parallèlement une active carrière de récitaliste. Professeur recherché, il enseigne au conservatoire de Sarrebruck (1961-1978) puis, à partir de 1973, à celui de Vienne. En 1961, il participe — rôle parlé du prophète — à la création en France (théâtre des Champs-Élysées) de Moïse et Aaron d'Arnold Schönberg, puis, en 1973, à Salzbourg, à celle de De temporum fine comoedia de Carl Orff. Il meurt à Vienne, le 29 avril 1993.

C'est avec une sage lenteur que Josef Greindl est parvenu au premier plan. Aussi à l'aise dans les rôles bouffes que dans le tragique, il avait un répertoire immense : cent dix-huit rôles, dit-on. Sa somptueuse voix a eu, d'une manière étonnante, assez peu les honneurs du studio. Avec un coup d'éclat, cependant : le rôle du roi Marke dans le premier enregistrement intégral de Tristan et Isolde de Wagner, en compagnie de Flagstad, Thebom, Suthaus, Fischer-Dieskau et de Furtwängler à la tête de l'orchestre Philharmonia (1952). En revanche, les prises sur le vif pullulent ; parmi elles le Requiem de Verdi dirigé par Jochum (1950), Sarastro dans La Flûte enchantée de Mozart avec Lipp, Dermota, Seefried et Furtwängler (festival de Salzbourg, 6 août 1951), Fafner dans L'Or du Rhin (sous la direction de Clemens Krauss, Bayreuth, 1953), Hagen dans Le Crépuscule des dieux (Bayreuth, Krauss, 1953 et Böhm, 1967), Titurel dans Parsifal (Bayreuth, Krauss, 1953), Fafner dans Siegfried (Bayreuth, Krauss, 1953), Hunding dans La Walkyrie (Bayreuth, Keilberth, 1954), Daland dans Le Vaisseau fantôme (Bayreuth, Sawallisch, 1959), le Landgrave dans Tannhäuser (Bayreuth, Sawallisch, 1962). Pour notre bonheur, c'est dans la vérité de Wagner et de ses représentations publiques que Josef Greindl est entré dans la légende.

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Pierre BRETON, « GREINDL JOSEF - (1912-1993) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/josef-greindl/