CASH JOHNNY (1932-2003)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Autant par son talent que par ses frasques et ses tribulations, Johnny Cash a acquis le statut de légende vivante dans la country music et dans le monde du rock. Cette image ne doit pas masquer pour autant l'exceptionnelle qualité d'une œuvre prolifique, dense et riche. Cash fut un continuateur et un modernisateur de la tradition appalachienne, un des vrais créateurs du rockabilly, une superstar de Nashville, avant d'inspirer en partie le courant rénovateur de la country music des années 1970.

D'une famille extrêmement pauvre de l'Arkansas, où il naît à Kingsland le 26 février 1932, affublé en guise de prénom des étranges initiales J. R., Cash est initié à la musique par sa mère, qui chante des folksongs et joue de la guitare. Après divers jobs en usine, Cash s'engage dans l'U.S. Air Force en 1950 et c'est là qu'il commence vraiment à composer poèmes et chansons et à jouer dans divers orchestres militaires. À sa démobilisation en 1954, Johnny s'installe à Memphis, forme son trio avec le guitariste Luther Perkins et le bassiste Marshall Grant, et auditionne pour Sam Phillips, qui l'enregistre pour son label Sun Records sous le nom de Johnny Cash and the Tennessee Two. Les morceaux Cry, Cry, Cry et Hey, Porter (1955), dans lesquels le jeu de guitare électrique limité mais très efficace de Luther Perkins dégage une forte atmosphère de rockabilly, deviennent instantanément des succès. Cash est alors engagé par le Louisiana Hayride, un des grands spectacles sudistes de country music. Les années suivantes, il enregistre pour Sun une première œuvre à l'orchestration rudimentaire mais qui met en valeur sa voix grave et profonde ainsi que la qualité de ses textes, qui sont autant de regards doux-amer portés sur la société sudiste : So Doggone Lonesome, Folsom Prison Blues, I Walk The Line, Ballad of the Teenage Queen, Get Rhythm... L'homme, aussi laconique et tranchant que sa musique, construit également son image, en se donnant une apparence physique et vestimentaire à l'unisson de sa musique : un Man in Black (un « homme en noir »). En quelques années, Cash devient l'une des plus grosses vedettes de la country music. Il signe en 1958 un contrat avec le grand label Columbia, pour lequel il va enregistrer à un rythme soutenu et obtenir succès sur succès.

Même si la vague du rockabilly cède la place à un Nashville sound plus sucré, Cash réussit à préserver sa musique, ne s'adjoignant que les talents d'un batteur et n'acceptant qu'ici et là des arrangements plus commerciaux. Mais les tournées incessantes et, aussi, des difficultés personnelles commencent à miner l'homme, qui sombre dans l'alcool et la drogue. Arrêté à El Paso en 1964, il est condamné à la prison et voit toutes les portes de la prude et bien pensante Nashville se fermer à un artiste dont les compositions et la manière de vivre avaient d'ailleurs toujours dérangé. Mais Cash réussit à surmonter ses démons. Il épouse en 1968 June Carter et devient membre de la nouvelle Carter Family, qui comprend l'un des membres fondateurs du célèbre groupe, Maybelle Carter, mère de June. Il grave plusieurs albums live auprès d'un auditoire de prisonniers (Johnny Cash at Folsom Prison, 1968 ; Johnny Cash at San Quentin, 1969), participe au célèbre album de Bob Dylan Nashville Skyline (1969), entreprend une carrière cinématographique qui révèle sa forte présence (A Gunfight de Lamont Johnson, avec Kirk Douglas, 1971) et lance son show télévisé, qui va faire beaucoup pour répandre sa popularité dans tous les États-Unis.

Johnny Cash

Photographie : Johnny Cash

Avec ses contradictions, ses outrances, ses revirements et ses paradoxes, « l'Homme en noir » a parfaitement incarné et décrit les États-Unis. 

Crédits : Central Press/ Hulton Archive/ Getty Images

Afficher

Avec des textes toujours très puissants et décapants, Johnny Cash renoue alors avec le succès commercial, cette fois autant dans les hit-parades de country que dans ceux de rock ou de variétés : Flesh and Blood, If I Were a Carpenter, Singing in Vietnam Talking Blues, Man in Black... Il enregistre aussi plusieurs albums autour d'un thème – les Amérindiens, la construction du chemin de fer, les travailleurs des mines de charbon, le Far West –, qui sont aujourd'hui considérés comme autant de grands classiques de la country music et du folk.

Sans qu'il l'ait voulu, sa figure et son œuvre sont une source d'inspiration pour le mouvement outlaw (« hors-la-loi »), qui va bouleverser la country music dans les années 1970 et déplacer l'axe de cette musique de Nashville à Austi [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 2 pages

Écrit par :

Classification

Autres références

«  CASH JOHNNY (1932-2003)  » est également traité dans :

CASH JUNE CARTER (1929-2003)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 162 mots

Chanteuse et guitariste de country music. Dans les années 1960, Maybelle Carter, la mère de June, crée avec ses trois filles Helen, June et Anita le groupe des Carter Sisters, qui prend la relève de la Carter Family. Les Carter Sisters accompagnent notamment Johnny Cash en tournée à partir de 1961, puis dans son émission télévisée, popularisant des chansons comme If I Were A Carpenter ou Jack […] Lire la suite

COUNTRY, musique

  • Écrit par 
  • Eugène LLEDO
  •  • 1 154 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Du country-blues au rock and roll »  : […] Le country se teinte de blues avec Jimmie Rodgers (1897-1933), archétype de l'artiste country and western, qui affectionne les thématiques liées aux voyages et aux trains ; ce chanteur maîtrise parfaitement le yodle, technique vocale qui consiste à passer rapidement de la voix de gorge à la voix de tête. Notons que ce mode de production sonore est aussi pratiqué chez les vachers des Alpes suisses […] Lire la suite

Pour citer l’article

Gérard HERZHAFT, « CASH JOHNNY - (1932-2003) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/johnny-cash/