FONTAINE JOAN (1917-2013)

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L’actrice anglo-américaine Joan Fontaine était surtout connue pour ses nombreux rôles de belle tourmentée.

Joan Fontaine

Photographie : Joan Fontaine

Joan Fontaine (à gauche sur la photo) et Judith Anderson dans Rebecca, d'Alfred Hitchcock. 

Crédits : Courtesy of United Artists Corporation

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Joan de Beauvoir de Havilland naît le 22 octobre 1917, à Tōkyō, où travaille son père, un avocat anglais. En 1919, sa mère, actrice, part vivre en Californie avec ses deux filles, Joan et Olivia, l’aînée, séjournant un court instant à San Francisco avant de s’installer à Saratoga. Elle divorce en 1925, et ne tarde pas à se remarier. Son nouvel époux exige des deux fillettes un comportement irréprochable, ce qui ne va pas sans créer de conflits. En 1933, Olivia quitte le domicile familial ‒ après que son beau-père lui a demandé de renoncer au rôle qu’elle a décroché dans une pièce à l’école ‒ et Joan est envoyée chez son père, à Tōkyō, où elle fréquente l’école américaine. La cadette rentrera cependant en Californie un an plus tard.

Les deux sœurs se sont produites dans leur enfance dans des pièces de théâtre locales, et Olivia se lance dans une carrière de comédienne professionnelle lorsqu’elle signe chez Warner Bros en 1934. Étant donné que cette dernière apparaît sur les écrans sous le nom de Olivia de Havilland, Joan ‒ qui a elle aussi décidé de faire une carrière dramatique ‒ choisit de faire ses débuts au grand écran sous le nom de Joan Burfield, dans No More Ladies (1935, La Femme de sa vie) d’Edward H. Griffith et George Cukor, puis sous le pseudonyme de Joan St. John lorsqu’elle monte pour la première fois sur les planches en 1935, dans Kind Lady d’Edward Chodorov. Ces ambitions parallèles exacerbent l’animosité qui couve depuis longtemps entre les deux sœurs, et qui les rend à jamais concurrentes et ennemies. En 1936, la cadette adopte le nom de son beau-père pour se produire sur scène : c’est ainsi Joan Fontaine qui apparaît cet été-là sur l’affiche de Call It a Day de Dodie Smith. Au cours de la même année, elle signe avec le producteur Jesse Lasky, qui cède peu après son contrat à la R.K.O.-Radio Pictures.

En 1937, Joan Fontaine enchaîne plusieurs tournages de films, notamment avec George Stevens pour lequel elle joue dans Quality Street (Pour un baiser) et A Damsel in Distress (Demoiselle en détresse). Dans cette comédie musicale, elle donne la réplique à Fred Astaire, partenaire qui met cruellement en relief ses insuffisances comme chanteuse et comme danseuse. La jeune actrice se débrouille cependant très bien face à Cary Grant et Douglas Fairbanks Jr. dans Gunga Din (1939) de George Stevens, film d’aventure sur des bandits en Inde britannique, et face à Joan Crawford et Norma Shearer dans The Women (1939, Femmes) de George Cukor, satire féroce sur fond d’infidélité et de traîtrise.

Joan Fontaine tient ensuite le haut de l’affiche dans deux films d’Alfred Hitchcock : Rebecca (1940), d’après le roman de Daphné du Maurier, où elle incarne la seconde épouse aux abois de M. de Winter (Laurence Olivier), qui idolâtrait sa première femme, et Suspicion (1941, Soupçons), où elle joue le rôle d'une jeune mariée qui soupçonne son époux (Cary Grant) de vouloir l’assassiner. L’actrice, nommée à ces deux reprises pour l’oscar du meilleur rôle féminin, l’obtient pour le second film. Elle sera de nouveau sélectionnée pour son interprétation d’une jeune femme entichée d’un compositeur (Charles Boyer) qui s’amuse de ses avances dans The Constant Nymph (1943, Tessa, la nymphe au cœur fidèle) d’Edmund Goulding. Joan Fontaine est naturalisée américaine en 1943.

Elle endosse ensuite deux rôles-titres, dans Jane Eyre (1943) de Robert Stevenson, d’après le roman de Charlotte Brontë, au côté d’Orson Welles (Rochester), puis dans Ivy (1947, Le Crime de Mme Lexton) de Sam Wood, où elle campe une meurtrière intrigante. Héroïne de Kiss the Blood Off My Hands (1948, Les Amants traqués) de Norman Foster, elle y brosse le portrait d’une femme dont s’éprend un ancien soldat violent. La même année, elle vit une passion sans espoir dans ce qui reste une de ses plus belles compositions, Letter from an Unknown Woman d’après Stefan Zweig (1948, Lettre d'une inconnue) de Max Ophüls. Elle prend les traits d’une arriviste qui se fait passer pour une ingénue dans Born to Be [...]

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Richard PALLARDY, « FONTAINE JOAN - (1917-2013) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 10 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/joan-fontaine/