JIANG ZEMIN (1926- )

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Président de la République populaire de Chine de 1993 à 2003.

Né en 1926 à Yangzhou (province du Jiangsu) dans une famille d'intellectuels aisés, Jiang Zemin est le fils adoptif de Jiang Shangqing, son oncle paternel, qui est un militant marxiste actif, proche de Zhang Aiping (futur ministre de la Défense de la République populaire de Chine, R.P.C.), et le chef du Parti communiste chinois (P.C.C.) de la zone frontière Jiangsu-Anhui en 1938. Jiang Shangqing meurt jeune, en « martyr révolutionnaire », léguant à ses proches un réseau de soutiens constitués de cadres du parti qui, après la fondation de la R.P.C., deviennent de hauts personnages de l'État. Ils initieront Jiang Zemin au fonctionnement et à l'idéal politique du régime. Jiang adhère au P.C.C. à l'âge de vingt ans, au cours de ses études d'ingénieur en télémécanique qu'il suit à l'Université des communications de Shanghai, après une première formation à l'Université centrale de Nankin. L'historiographie officielle glorifie le personnage pour ses activités militantes lors des campagnes de recrutement du P.C.C. clandestin, dans les universités de la grande ville côtière au temps de la guerre civile. En réalité, Jiang a plus souvent suivi l'activisme de ses camarades de classe qui formeront à ses côtés, dans les années 1990, les membres d'une nouvelle génération de leaders chinois. C'est le cas notamment de Qian Qichen (le ministre des Affaires étrangères de Jiang Zemin depuis 1993) ou de Qiao Shi (président de l'Assemblée de 1993 à 1998), qui organisent en 1946 des trafics d'armes ou des missions de coordination entre des sections du P.C.C. clandestin.

Nommé par l'un de ses protecteurs, Wang Daohan, ingénieur assistant puis directeur adjoint d'une usine de savon après 1949, Jiang Zemin est envoyé en U.R.S.S. (entre 1954 et 1956), à l'Institut de planification d'automobiles de Moscou, afin de poursuivre sa formation et de participer à l'élaboration du programme d'industrie automobile chinoise. Ainsi, dès 1963, il dirige la société nationale d'automobiles fondée à Changchun. En 1965, Jiang occupe les fonctions de directeur adjoint de l'Institut de recherche en équipement électrique de Shanghai. Wang Daohan le mute à Wuhan, où il restera jusqu'en 1970, à un poste d'ingénieur, afin de le protéger des troubles de la révolution culturelle. Cette période de violence affecte cependant directement sa famille et ses fils, qu'il ne reverra qu'en 1979. Au milieu des années 1970, Jiang Zemin poursuit son implantation professionnelle à Shanghai en contribuant également à des projets qui visent à engager la Chine dans l'âge nucléaire. Reconnu pour ses compétences linguistiques, Jiang Zemin est affecté au Bureau des Affaires étrangères du comité central jusqu'au retour au pouvoir de son protecteur, Wang Daohan, ancien ministre adjoint des relations économiques avec l'étranger, nouveau maire de Shanghai et chef du parti de cette ville.

En 1982, Jiang Zemin est nommé, ainsi que ses anciens compagnons d'université, membre permanent du comité central avant de poursuivre sa carrière de bureaucrate au sein de ministères spécialisés comme ceux de l'Industrie électronique et de l'Industrie mécanique. Muté au poste de maire de Shanghai en 1983, il accède au bureau politique en 1987 alors que l'on dénonce le retour au pouvoir d'une « clique de Shanghai », en référence à l'ancienne « bande des Quatre ».

Homme d'appareil consensuel, bureaucrate, travailleur et appliqué, Jiang Zemin a la réputation d'être favorable à l'accélération des réformes économiques, mais intransigeant sur le rôle central du P.C.C. dans la structure sociale et politique du pays. Piètre orateur et non dogmatique sur le plan de la théorie du marxisme, Jiang Zemin est promu à la tête du parti à la suite des événements de la place Tiananmen en juin 1989, après avoir été félicité par Deng Xiaoping pour avoir donné une réponse ferme et précoce aux manifestations qui eurent lieu à Shanghai. Son rôle politique à cette période n'est pas neutre. S'il ne proclame pas la loi martiale dans sa ville, il est le premier responsable de province à faire fermer des journaux locaux, à approuver la répression à Pékin et à se ranger du côté des conservateurs. Longtemps considéré comme un homme de paille, Jiang Zemin s'impose, au cours de la décennie de 1990, grâce à un important réseau de solidarités régionales et politiques, à la tête des plus hautes institution [...]

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  • : chercheur au C.E.R.I. (Sciences Po-C.N.R.S.), en mission à l'université chinoise de Hong Kong

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Pour citer l’article

Stéphanie BALME, « JIANG ZEMIN (1926- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/jiang/