JACOBSEN JENS PETER (1847-1885)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Dans les pays nordiques, le Danois Jens Peter Jacobsen s'imposa immédiatement comme rénovateur de l'art de la prose, surtout avec son chef-d'œuvre : Marie Grubbe. Mais, pour l'Europe, grâce, entre autres, à Rainer Maria Rilke, il devint le chantre de la solitude et de la mort : comme il est dit dans Niels Lyhne, il s'agit de « mourir sa propre mort ». La conclusion de l'ouvrage demeure célèbre : « Il mourut, enfin, de la mort, de la difficile mort. »

Poésie et sciences naturelles

Jacobsen est né à Thisted dans le Jutland septentrional ; son père était armateur et négociant. Le jeune garçon vécut heureux dans la petite ville au bord du fjord. À seize ans, il s'en alla à Copenhague faire ses études. Il ne les mena à bonne fin qu'en 1867, car la découverte d'une grande ville et de sa vie intellectuelle provoqua en lui un bouillonnement d'idées : alors que, dans son enfance, il avait manifesté des dispositions religieuses, à présent il apprend dans Feuerbach que la religion est un rêve. Cette effervescence se donna libre cours sous forme lyrique. Il écrivit d'abord un cycle mi-épique mi-lyrique qui porte le nom du personnage principal, Hervert Sperring ; il y est question d'un jeune rêveur qui trouve dans ses phantasmes la compensation aux expériences que la réalité lui refuse. Plus tard, il donnera une suite lyrique sur un motif tiré des ballades historiques danoises : le roi Valdemar qui accuse Dieu de lui avoir enlevé sa bien-aimée Tove. Ces essais lyriques, imprimés tardivement, eurent une grande importance dans le développement artistique de l'écrivain.

Les sciences naturelles constituent pour Jacobsen un second point de départ. À partir de 1868, il étudie la botanique avec ardeur et remporte la médaille d'or de l'université pour un gros traité sur les algues d'eau douce qui fut imprimé en français sous le titre : Aperçu systématique et critique sur les Desmidiacées du Danemark (Botanisk Tidsskrift, 1874-1876). Il en tire une conception nouvelle de la littérature. En 1867 déjà, il pressentait : « Si je pouvais transposer les [...]

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 4 pages




Écrit par :

Classification


Autres références

«  JACOBSEN JENS PETER (1847-1885)  » est également traité dans :

DELIUS FREDERICK (1862-1934)

  • Écrit par 
  • Juliette GARRIGUES
  •  • 1 284 mots

Dans le chapitre « Une œuvre dominée par la voix »  : […] La production immense de Delius est très diversifiée : opéras, œuvres chorales avec ou sans orchestre, mais aussi poèmes symphoniques, musique de chambre... Frederick Delius laisse six opéras : Irmelin (1890-1892), The Magic Fountain (1894-1895), Koanga (1896-1897), A Village Romeo and Juliet (1897-1901), […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/frederick-delius/#i_11547

Pour citer l’article

Frederik Julius BILLESKOV-JANSEN, « JACOBSEN JENS PETER - (1847-1885) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 28 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/jens-peter-jacobsen/