RICHEPIN JEAN (1849-1926)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Jeune normalien, Jean Richepin, après s'être engagé dans les francs-tireurs durant la guerre de 1870, se fait remarquer au quartier Latin par ses excentricités qui dénotent un mépris des conventions sociales. Son premier recueil poétique, La Chanson des gueux (1875), obtient un très vif succès de scandale. Sa révolte sincère s'y exprime avec beaucoup de facilité et de violence. C'est dans ce premier genre de l'improvisation et du pastiche qu'il se taille une réputation à l'égal de Catulle Mendès. Les Caresses (1877) et Les Blasphèmes (1884) appartiennent à cette veine et s'attirent la sympathie de tout un public pour qui cette truculence respire un air de liberté, jusque dans les pages très violentes et caustiques de ce dernier recueil. Cependant, c'est bien cette période qui est la meilleure dans son œuvre et Richepin se laisse rapidement aller à la facilité d'une grande éloquence lyrique. La Glu (1881) et Miarka, la fille à l'ourse (1883) sont des romans populaires qui seront tous deux portés à la scène avec succès. Richepin s'est pour ainsi dire trouvé une clientèle à laquelle il est tenu de fournir, à un rythme assez rapide, une série de romans d'accès aisé mais d'une médiocre ambition littéraire. La Mer (1886), Mes Paradis (1894) et La Bombarde (1899) se succèdent dans une rhétorique assise où s'oublie totalement la turbulence de ses débuts. Pour le théâtre, il écrit Le Flibustier (1888) et Le Chemineau (1897). C'est la reprise d'un théâtre en vers qui n'a plus de rapport ni avec la tragédie classique ni avec le drame romantique. S'évadant du romantisme, il conserve cette forme dans laquelle il coulera, pour finir, des intrigues d'un grand conformisme. Il effectue là comme un retour à l'activité de pastiche de ses débuts. Dans ce nouveau théâtre en vers, Jean Richepin ouvre surtout la voie à celui qui l'illustrera avec le plus d'ampleur, Edmond Rostand.

—  Antoine COMPAGNON

Écrit par :

  • : docteur ès lettres, professeur à l'université Columbia, États-Unis

Classification


Autres références

«  RICHEPIN JEAN (1849-1926)  » est également traité dans :

ARGOT

  • Écrit par 
  • Pierre GUIRAUD
  •  • 4 119 mots

L'argot est la langue spéciale de la pègre ou plus exactement, à l'origine, celle des gueux ou mendiants professionnels, puis celle des voleurs, tricheurs, escrocs de tout genre. L'argot – on a dit d'abord le jargon – est la langue d'une confrérie secrète. Mendiants et voleurs étaient, en effet, groupés en bandes organisées sur le modèle des anciennes corporations avec leur hiérarchie, leurs céré […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/argot/#i_6181

NOUVEAU GERMAIN (1851-1920)

  • Écrit par 
  • Alain PETIT
  •  • 1 530 mots

Dans le chapitre « Une quête spirituelle ou un naufrage ? »  : […] Germain Nouveau naquit à Pourrières, petit village du Var. Il semble avoir eu du ressentiment envers sa mère, si l'on en croit le poème Dernier Madrigal . Orphelin très jeune, la seule affection qui lui resta fut celle de sa sœur Laurence. Après avoir fait ses études secondaires et envisagé une vocation religieuse, il monte à Paris, où il dissipe rapidement son petit héritage […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/germain-nouveau/#i_6181

Pour citer l’article

Antoine COMPAGNON, « RICHEPIN JEAN - (1849-1926) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 13 juillet 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/jean-richepin/