CORVISART JEAN-NICOLAS (1755-1821)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Clinicien français éminent, Corvisart a soutenu sa thèse de docteur en médecine, en 1782, sur L'Agrément de l'étude de la médecine et les désagréments de sa pratique. Médecin de l'hôpital de la Charité (1788), il obtient, en 1797, la chaire de clinique interne à la Faculté de médecine, puis celle de médecine au Collège de France. Sa réputation d'excellent clinicien le fait nommer auprès de Bonaparte, dont il dissipe les malaises par une hygiène alimentaire stricte. Il suit le destin de son client : premier médecin de Leurs Majestés Impériales (1804), il participe à quelques campagnes (Italie 1805, Autriche 1809) ; il soigne Joséphine évanouie à l'annonce de son divorce, et aide Dubois, affolé, à accoucher Marie-Louise, qu'il suivra dans son premier exil à Blois. Atteint d'hémiplégie en 1816, il craint que la maladie ne lui fasse commettre des erreurs de diagnostic, cesse de soigner et d'enseigner et passe ses dernières années à observer l'évolution de son mal.

Il ne doit cependant pas sa célébrité à l'Empereur, mais à son exceptionnel sens clinique et à ses dons d'enseignant à la Charité. Son Essai sur les maladies du cœur et des gros vaisseaux (1806) établit la pathologie cardiovasculaire ; il introduit, perfectionne et enseigne la technique de la percussion d'Auenbrugger (dont il traduit l'ouvrage sous le titre Nouvelle Méthode pour reconnaître les maladies internes de la poitrine, 1808) et l'applique au diagnostic des maladies cardiaques. En outre, il a créé l'enseignement anatomoclinique au lit du malade, tel qu'il est pratiqué depuis lors : étude des cas, visite du malade et discussion avec les élèves, vérification anatomique, surveillance de l'évolution, cours magistraux appuyés sur les cas observés. « Je ne crois pas à la médecine, je crois en Corvisart », disait Napoléon qui le fit baron d'Empire.

—  Jacqueline BROSSOLLET

Écrit par :

Classification

Pour citer l’article

Jacqueline BROSSOLLET, « CORVISART JEAN-NICOLAS - (1755-1821) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 avril 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/jean-nicolas-corvisart/