FRAGONARD JEAN HONORÉ (1732-1806)

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Figure de fantaisie, J. H. Fragonard

Figure de fantaisie, J. H. Fragonard
Crédits : Erich Lessing/ AKG

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Les Hasards heureux de l'escarpolette, J. H. Fragonard

Les Hasards heureux de l'escarpolette, J. H. Fragonard
Crédits : Bridgeman Images

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La Liseuse, J. H. Fragonard

La Liseuse, J. H. Fragonard
Crédits : courtesy National Galery of Art, Washington

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Une trop grande célébrité peut nuire à la gloire véritable. En effet, le nom de Fragonard n'est pas de ceux que l'on doit tirer de l'oubli ; sa réputation a toujours été grande, mais faussée par des malentendus. Fragonard passe communément pour un peintre galant et virtuose, l'incarnation parfaite, avec Boucher, du xviiie siècle spirituel, léger et polisson. C'est oublier que, lorsqu'il commence à peindre, la Régence est déjà bien loin, et que seize années seulement le séparent de David, qui fut son ami. C'est ramener toute une production, qui fut abondante et diverse, à La Gimblette et à L'Escarpolette.

Au demeurant, ce peintre mal jugé est aussi un peintre mal connu : il reste des obscurités et des incertitudes dans la chronologie et le catalogue. Pourtant, on possède assez d'œuvres sûres et datées pour que l'on puisse essayer de dégager les traits principaux de cette attachante figure. Il y a bien chez Fragonard un artiste gracieux, virtuose, quelque peu immoral, la seule image que la postérité semble avoir retenue. Mais il y a aussi un génie audacieux, dont la place dans la seconde moitié du xviiie siècle français et européen est tout à fait originale.

Figure de fantaisie, J. H. Fragonard

Figure de fantaisie, J. H. Fragonard

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Jean Honoré Fragonard, Figure de fantaisie, autrefois identifié à tort comme Denis Diderot, vers 1769. Huile sur toile, 82 cm × 65 cm. Musée du Louvre, Paris. 

Crédits : Erich Lessing/ AKG

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Le peintre de la « douceur de vivre »

Jean Honoré Fragonard, né à Grasse pendant les belles années du règne de Louis XV, est mort à Paris, Napoléon étant le maître de l'Europe. À vingt ans, il avait obtenu la première place au concours de Rome ; à soixante, il était membre du Conservatoire des arts et fut, à ce titre, l'un des organisateurs du futur musée du Louvre.

Provençal de naissance, Fragonard n'est guère âgé que de six ans lorsque sa famille se fixe à Paris. Sa vocation s'affirme vite et il devient l'élève de Chardin et de Boucher. Par cet apprentissage, il acquiert une maîtrise technique sans faille : dans un siècle où l'on s'entendait au métier, Fragonard est l'un de ceux qui peignent le mieux.

Ayant obtenu en 1752 le prix de Rome, il passe en Italie les années de 1756 à 1761. Le directeur de l'Académie de France est alors Natoire, qui surveille attentivement ses élèves. Fragonard travaille avec zèle et acqu [...]

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Écrit par :

  • : ancien élève de l'École normale supérieure, agrégé de lettres, conservateur des objets d'art des églises de la Ville de Paris

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Pour citer l’article

Georges BRUNEL, « FRAGONARD JEAN HONORÉ - (1732-1806) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 février 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/jean-honore-fragonard/