NGUGI WA THIONG'O JAMES (1938- )

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Né à Kamarithu (Kenya), James Ngugi wa Thiong'o fit ses études à Makerere University College, à Kampala, où il dirigea la revue Penpoint et fit jouer, en 1964, sa pièce The Black Hermit (« L'Hermite noir »). La même année, il publia son premier roman, Weep not Child (Enfant, ne pleure pas, 1983), qui traite des conflits entre la tradition kikouyou et l'école européenne et chrétienne aux débuts de la révolte des Mau-Mau. Nommé à l'université de Nairobi, il démissionne en 1969 pour protester contre les restrictions imposées aux libertés universitaires. À la tête de la section de littérature depuis 1972, il n'a cessé de se comporter en intellectuel engagé, ce qui lui a valu, en 1978, une année entière de détention. Obligé de s'exiler, il vit à partir de 1982 entre l'Angleterre et les États-Unis, publiant désormais romans et essais dans sa langue maternelle, le kikouyou. En 2004, Ngugi et sa femme choisissent de revenir au Kenya, où ils seront victimes de violences qui mettront leur vie en danger.

Ngugi wa Thiong’o est surtout connu comme romancier : après Weep not Child, The River Between (1965 ; La Rivière de vie, 1988) présente l'histoire kikouyou aux prises avec le colonialisme à travers la rivalité de deux factions d'un même clan. A Grain of Wheat (1967 ; Et le blé jaillira, 1969) explore, dans une perspective plus humaniste que politique, les sentiments et les intrigues amoureuses des héros et des traîtres pendant la guerre de libération. Après un recueil de nouvelles, Secret Lives (1975 ; « Vies secrètes »), cette production romanesque culmine avec Petals of Blood (1977 ; Pétales de sang, 1985) : cette vaste fresque, dont le ton épique n'exclut pas l'exploration des êtres profonds de quatre protagonistes, dénonce puissamment la collusion des nouveaux dirigeants et du néo-colonialisme. D'abord publiés en kikouyou, Devil on the Cross (1982 ; « Le Diable en croix ») et Matigari (1987) utilisent les formes de la narration traditionnelle dans sa satire d'une corruption généralisée.

Ngugi est [...]


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Michel FABRE, « NGUGI WA THIONG'O JAMES (1938- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 mars 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/james-ngugi-wa-thiong-o/