GODDET JACQUES (1905-2000)

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Capable d'imaginer ce que le sport serait au-delà de la simple relation des événements, Jacques Goddet a traversé le xxe siècle en inventant une forme de presse qui n'existait pas avant lui. Il eut la chance, il est vrai, d'être à bonne école : son père, Victor Goddet, fut, en 1900, avec Henri Desgrange, le fondateur de L'Auto-Vélo, quotidien du sport qui deviendra L'Auto en 1903 et dont le développement s'organisa principalement en s'appuyant sur le Tour de France cycliste et l'automobile. Puisant aux meilleures sources, Jacques Goddet acquiert une large culture sportive dans un collège anglais, proche d'Oxford, où il pratique l'aviron, la course à pied, le rugby, avant que son père l'appelle auprès de lui à L'Auto. Dès les années 1920, il devient ainsi journaliste, après avoir appris son métier en « tournant » dans tous les services du quotidien, puis en s'imposant comme un chroniqueur flamboyant du Tour de France. En 1932, il est le seul envoyé spécial de la presse française aux jeux Olympiques de Los Angeles. Pour lui, dès cette époque, « écrire dans un journal d'actualité, c'est dépeindre et faire comprendre, apporter une explication, juger même, influencer peut-être, donner des idées en tout cas. Cela peut devenir une sorte de mission » (L'Équipée belle, 1991).

À trente et un ans, Jacques Goddet devint directeur du Tour de France, tout en assurant la rédaction en chef de L'Auto, avant d'y assumer les plus hautes fonctions en succédant à Henri Desgrange. La guerre est fatale au quotidien, qui avait continué de paraître pendant l'Occupation allemande. Interdit à la Libération, L'Auto est remplacé, le 28 février 1946, par L'Équipe, qui détient rapidement le monopole de la presse sportive quotidienne, en absorbant Élans, puis en éliminant Sport. Jacques Goddet sait s'entourer de collaborateurs de talent. Avec Gaston Meyer comme rédacteur en chef, il va engager L'Équipe dans la voie d'une couverture internationale du sport.

Dans le même temps, tout en demeurant aux manettes du Tour de France avec Félix Lévitan, Jacques Goddet consolide son entreprise en créant, avec Raymond Marcillac, une émission de télévision, « Les Coulisses de l'exploit », et en suscitant de nouveaux événements : c'est ainsi qu'il fait du Palais des Sports et du Parc des Princes les temples de la boxe et du cyclisme sur piste, avant d'être l'animateur du Palais omnisports de Paris-Bercy, et de patronner un grand nombre de manifestations sportives.

Pour faire face aux problèmes dus à l'évolution de la technique, Jacques Goddet décide, en 1965, d'intégrer L'Équipe au groupe Amaury. Il conserve la responsabilité éditoriale de son journal jusqu'en 1984, date à laquelle, à près de quatre-vingts ans, il devint président d'honneur de la publication, demeurant à la tête du Tour de France jusqu'en 1987.

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SPORT (Histoire et société) - La presse sportive

  • Écrit par 
  • Jacques MARCHAND
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Dans le chapitre « De l'affaire Dreyfus au Tour de France : « L'Auto » tue « Le Vélo » »  : […] Pierre Giffard avec son Vélo , dont les ventes atteignent rapidement un niveau honorable, roule sur du velours. Il a pour lui toute une clientèle sportive flattée d'avoir « son » journal, à laquelle il apporte satisfaction, car, en homme de presse chevronné, Giffard sait donner de l'éclat à sa rédaction, en recrutant les meilleures plumes de la spécialité : Victor Breyer, l'éditorialiste, Robert C […] Lire la suite

Pour citer l’article

Robert PARIENTÉ, « GODDET JACQUES - (1905-2000) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/jacques-goddet/