LIPARI ÎLES

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Encore appelées îles Éoliennes, les Lipari forment un chapelet de sept îles, de nature volcanique, situé près des côtes siciliennes (d'ouest en est) : Alicudi, Filicudi, Salina, Lipari – la plus importante –, Vulcano, Panerea et Stromboli. Lipari et Vulcano, situées au centre de l'arc calabro-sicilien qui trace en surface la subduction de la plaque africaine sous la plaque Eurasie, forment une pointe se rapprochant de la Sicile à une vingtaine de kilomètres. Cet arc se prolonge au nord-ouest comme au nord-est par une série de petits monts sous-marins volcaniques, qui correspondent au premier stade de formation de l'arc volcanique (1 million d'années [Ma] à Sisifo). Une première phase volcanique, débutant vers 0,5 Ma, est liée à un volcanisme calco-alcalin typique (Alicudi, Filicudi, Salina, Lipari, Panarea). Une deuxième phase, commencée il y a environ 100 000 ans, affecte Lipari, Vulcano et Stromboli, îles au volcanisme historique.

Sous l'arc éolien, le plan de subduction atteint une profondeur très importante pour un arc insulaire (250 km), qui expliquerait la nature très potassique des magmas. Des études récentes (2006) ont suggéré que le plan de subduction était fragmenté, avec un panneau isolé sous les îles Éoliennes et plongeant vers le nord-ouest pour atteindre une profondeur maximale de 600 kilomètres, à l'aplomb de la Sardaigne. Les travaux actuels estiment qu'une plaque lithosphérique ne peut dépasser 700 kilomètres de profondeur, où l'anatexie entraîne la fusion de tous les matériaux pour les incorporer au manteau, ce qui explique l'absence de volcanisme en Sardaigne.

De cet arc éolien, seul le Stromboli présente une réelle activité. Le Vulcano, situé dans la partie septentrionale de l'île du même nom, possède, certes, un cône de 390 mètres d'altitude, à caractère circulaire ; il se compose de projections pyroclastiques et de tufs. Son activité est caractérisée par de brèves éruptions explosives avec des phases fumerolliennes. On ne lui connaît actuellement qu'une éruption historique, celle de 1888. Il a émis des produits trachyandésitiques relativement acides. Le Stromboli, situé dans la plus septentrionale des îles (à 60 kilomètres des côtes de la Calabre, Italie), présente une partie émergée, de forme pyramidale, empilement de coulées et de pyroclastiques interstratifiés. Son sommet est divisé en deux crêtes séparées par une vallée de 300 mètres de largeur. Ces deux crêtes, l'une au sud-ouest (926 m d'altitude), l'autres au nord-ouest appelée Cima del Stromboli (918 m d'altitude), sont des restes d'anciens cratères. Le flanc nord-ouest du volcan est en partie effondré, et ce n'est qu'à 700 mètres d'altitude qu'un replat cratérique (la Sciara del Fuoco) interrompt les pentes fortes (350) de l'effondrement.

Son activité est caractérisée par l'alternance d'éruptions effusives et de fontaines de laves à caractère parfois explosif ; généralement modérée, elle peut atteindre des paroxysmes extrêmement violents. C'est l'émission continuelle de produits éruptifs qui fit naître l'île que l'on connaît actuellement. Depuis l'effondrement de la partie nord-ouest du massif, l'activité effusive est assez faible ; en revanche, les éruptions « explosives » émettent des vapeurs et des projections sont nombreuses.

En continuelle activité, le Stromboli a présenté de fortes éruptions en 1850, 1891, 1907 (cendres sur Messine), 1919, 1934, 1941 et 1985, dernière date à laquelle des écoulements pyroclastiques obligèrent à l'évacuation de l'île.

L'éruption de 1985 illustre bien le caractère volcanique imprévisible du Stromboli, qui attise peut-être l'intérêt des excursions touristiques. Il est vrai que, de nuit, l'activité du Stromboli constitue un spectacle magnifique. Son observation est aisée (l'ascension doit cependant se faire sous la conduite d'un guide, comme le stipule un arrêté préfectoral de 1990), mais pas complètement dépourvue de danger, la puissance des explosions pouvant être irrégulière ; elle se fait depuis la Cima, environ 200 mètres au-dessus des bouches actives. Le mieux est bien sûr de se faire accompagner par un géologue informé et coutumier des caprices du « phare de la Méditerranée », demeure du dieu des vents, Éole.

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Écrit par :

  • : docteur en sciences de la Terre, concepteur de la collection La Science au présent à la demande et sous la direction d'Encyclopædia Universalis, rédacteur en chef de 1997 à 2015

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Pour citer l’article

Yves GAUTIER, « LIPARI ÎLES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 08 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/iles-lipari/