IONIENNES ÎLES

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Les îles Ioniennes, ou Heptanèse (du nord au sud : Corfou, Paxos et Antipaxos, Leucade, Ithaque, Céphalonie, Zante), jalonnent la façade occidentale de la Grèce. Elles couvrent au total 2 307 kilomètres carrés. Elles ont en commun de nombreux points : leur proximité de l'Italie, leur sensibilité aux séismes, leur climat méditerranéen adouci par quelques pluies d'ouest en été, l'importance de leurs oliveraies et de leurs vignobles. Situées sur la frontière historique de l'Occident et du Levant, elles présentent aussi une série de traits caractéristiques dans leur histoire moderne qui les différencient des régions de la Grèce centrale, de sorte que les historiens ont employé le terme « civilisation des sept îles » pour désigner l'entité historique et culturelle que la domination occidentale, et en particulier les contacts avec l'Italie, a créée dans cet ensemble insulaire.

Grèce : carte administrative

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Carte administrative de la Grèce. 

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Îles ioniennes, Grèce

Photographie : Îles ioniennes, Grèce

Vue de l'île montagneuse de Céphalonie depuis l'îlot d'Ithaque, deux berceaux mythologiques de l'archipel ionien. 

Crédits : De Agostini/ Getty Images

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La domination vénitienne qui succède à celle des Francs s'établit en plusieurs étapes de la fin du xive au xviiie siècle.

Insérées dans le système économique de Venise, les îles ne développent que les productions qui intéressent la métropole : huile et raisins secs ; de lourds impôts d'exportation empêchent le développement du commerce qui se fait obligatoirement avec Venise ou par son intermédiaire. Les douanes assurent à Venise la plus grande partie des revenus qu'elle tire des îles et qui dépassent largement leurs propres dépenses.

La domination vénitienne offre aux classes dirigeantes un modèle social et culturel. Les familles nobles et les citadins riches envoient leurs enfants à l'université de Padoue ; il se forme ainsi une élite qui s'exprime en italien. Cependant, les contacts avec l'Église et la culture traditionnelle, ainsi que la répercussion des idées de la Renaissance puis de l'illuminisme, ont créé une littérature hellénophone qui trouvera son apogée au xixe siècle dans l'œuvre poétique de Dionysios Solomos.

La première domination française en 1797 fait des îles un territoire français ; elle abolit les restrictions sur le commerce et l'artisanat, établit l'égalité des droits et pose les fondements de l'enseignement. Les idées de la Révolution française gagnent les villes, mais non les campagnes : leur diffusion s'accompagne de la propagation de l'idée de la libération nationale. La République des sept îles, qui se crée après la victoire des Russes, se dote en 1800 d'une Constitution qui sauvegarde les privilèges de la noblesse, mais qui accorde, aussi, le droit de vote aux citadins. La République est contrôlée par les nobles, ce qui provoque des réactions qui vont même jusqu'à la sédition ; en 1802 et en 1803 interviennent certaines réformes qui favorisent plutôt les nobles que les citadins. Du point de vue du droit international, la République des sept îles constitue un État vassal de la Porte, à laquelle elle verse un tribut de 75 000 piastres tous les trois ans, et ayant la garantie du tsar ; l'emprise de la Porte sur les îles est minime : elles sont contrôlées en réalité par les Russes. La République obtient des résultats positifs dans le domaine des finances et de l'enseignement ; les lettres sont encouragées, mais les publications (4 journaux et revues à Corfou) utilisent essentiellement l'italien. Lors de la deuxième domination française, à partir de 1807, les îles ne sont pas annexées à la France ; contrairement aux dispositions du traité de Tilsit, le système mis en place subsiste. Le blocus continental pèse lourdement sur l'économie des îles, dont les finances subissent une hémorragie grave à cause des dépenses destinées à l'armée française.

Le traité de Paris de 1815 transforme les îles en protectorat britannique. En théorie, il s'agit d'un État « libre et indépendant » sous l'appellation « États unis des îles ioniennes », représenté à l'extérieur par le roi d'Angleterre. En réalité, il s'agit d'un État autonome sans existence internationale et obligé d'accepter une Constitution despotique (1817). La langue grecque, reconnue comme langue officielle, n'est utilisée qu'en 1852 ; l'Assemblée et le Sénat (gouvernement qui nomme aussi les pouvoirs locaux) se trouvent sous le contrôle d'un haut commissaire du roi.

La domination britannique entraîne la pénétration du capital anglais qui contrôle la Banque ionienne (1839) ains [...]

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Îles ioniennes, Grèce

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Écrit par :

  • : chargé de conférences à l'École pratique des hautes études
  • : maître assistant à l'université de Toulouse-Le-Mirail, expert de l'Organisation des Nations unies à Chypre

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CORFOU

  • Écrit par 
  • Pierre-Yves PÉCHOUX
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Face à l'Épire avec laquelle elle a peu de liens mais d'où lui viennent quelques troupeaux transhumants, Corfou, la plus septentrionale et la plus peuplée des îles Ioniennes, est marquée par la douceur, la mer régularisant le régime des températures ; des précipitations parmi les plus abondantes de Grèce (1 182 mm par an) atténuent la sécheresse méditerranéenne. D'innombrables parcelles plantées s […] Lire la suite

Pour citer l’article

Spyros ASDRACHAS, Pierre-Yves PÉCHOUX, « IONIENNES ÎLES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/iles-ioniennes/