IBN RASHĪQ (1000-1063 ou 1070)

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Poète et théoricien de la poésie qui se range parmi les hommes de lettres les plus célèbres de la littérature arabe. Originaire de Msila, bourgade de la région de Constantine, Ibn Rashīq Abū ‘Ali Ḥasan, pour parfaire ses études, se rend à Kairouan, alors métropole culturelle importante où fleurit une brillante école littéraire. En même temps qu'il reçoit l'enseignement de grands maîtres, il est introduit à la cour du souverain zīride al-Mu‘izz dont il devient l'un des familiers. Son talent de poète, allié aux qualités qui font de lui un courtisan brillant et de bonne compagnie, lui assure le renom. En 1057, il abandonne Kairouan dévastée par les Hilāliens et suit son prince à Mahdia (Al-Mahdiyya). Mais il le quitte pour se rendre en Sicile où il meurt.

L'œuvre poétique d'Ibn Rashīq est importante. Elle illustre, avec talent, la tradition classique. Le poète met un point d'honneur à respecter toutes les règles, qu'elles soient d'ordre prosodique ou thématique. Rien d'inattendu dans cette production, rien d'original, mais une qualité soutenue, une inspiration souvent heureuse qui satisfont les amateurs, nombreux dans le public arabe, d'exercices d'école. Poète de cour, Ibn Rashīq compose de nombreux panégyriques et thrènes. Un souffle personnel et une langue dépouillée des artifices de la rhétorique, mettent à part le grand poème inspiré de la destruction de Kairouan.

Mais plus que le poète, c'est le théoricien qui a pris place dans l'histoire avec son très célèbre ouvrage, Traité de la base dans la composition de la poésie et de sa critique (Al-‘Umda fī ṣinā‘at al-shi‘r wa-naqdih). Il s'agit d'un vaste exposé sur l'art poétique où l'auteur met en œuvre, tout à la fois, sa connaissance profonde de la poésie et de la critique arabes et son expérience personnelle de créateur. Définissant la spécificité du langage poétique et partant du principe qu'il est le résultat d'une technique mise au service d'un talent naturel, Ibn Rashīq passe en revue toutes [...]

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Pour citer l’article

Jamel Eddine BENCHEIKH, « IBN RASHĪQ (1000-1063 ou 1070) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 08 mars 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/ibn-rashiq/