HUMBABA ou HOUMBABA

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Dans la tradition suméro-akkadienne, nom d'un géant, gardien de la forêt des Cèdres, située en Syrie occidentale. Humbaba apparaît dans un poème de la littérature sumérienne qui appartient au cycle épique de Gilgamesh, roi d'Uruk, et qui décrit l'expédition de ce dernier et de son compagnon, Enkidu, contre lui. Enkidu avertit que le géant est redoutable ; ses dents sont dents de dragon, sa face celle d'un lion, son cri un flot ; ses pieds sont des serres et il se défend en émettant une série d'éclats terrifiants. Les deux héros réussissent pourtant à l'entraver. Humbaba, protégé des dieux, « fils de la montagne », demande noblement la vie sauve. Gilgamesh l'exaucerait volontiers, mais son ami souhaite la mort du vaincu par peur de représailles et, s'étant pris de querelle avec lui, il lui tranche la tête. Leur victoire sera amère : revenus vers Enlil, le dieu de Nippur qui avait placé lui-même Humbaba à son poste, ils sont maudits et ne pourront jamais oublier leur victime.

Dans l'Épopée de Gilgamesh, qui organisa en babylonien le cycle sumérien antérieur en une œuvre unique, la personnalité de Humbaba n'a pas fondamentalement changé. Comme dans la version ancienne, Enkidu insiste sur le caractère terrible du monstre, d'autant — ce qui est nouveau — qu'il paraît le connaître. Plus de trois tablettes sur les onze que comportait primitivement l'épopée sont consacrées à l'expédition et au combat : le gardien semble être devenu un être malfaisant ; ainsi s'explique l'appui donné à ses ennemis par Shamash, le dieu de la justice. Humbaba, avant de succomber, malgré ses sept éclats, peut maudire ses agresseurs qui se mettent alors à abattre ses arbres. Victime de son péché, Enkidu, de retour à Uruk, mourra.

Dans la civilisation assyro-babylonienne, Humbaba était aussi un démon apotropaïque : on portait, pour se protéger de tout mal, sa tête en sautoir, sous la forme d'une plaquette qui reproduisait une face écrasée et grimaçante. C'est elle que les devins croyaient retrouver dans certaines configurations des entrailles de l'animal sacrifié ou sur le visage de nouveau-nés, ce dont ils tiraient des présages pour l'avenir.

—  Daniel ARNAUD

Écrit par :

  • : directeur d'études à l'École pratique des hautes études (section des sciences religieuses) Paris

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GILGAMESH

  • Écrit par 
  • Jean-Daniel FOREST
  •  • 1 978 mots
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Dans le chapitre « La première épopée de l'histoire »  : […] Il était une fois un roi qui, jeune et fougueux, malmenait son peuple. Pour modérer son ardeur, les dieux suscitent une créature qui lui fasse pièce, Enkidu. Celui-ci est une sorte de brute, née dans la steppe au milieu des animaux sauvages et vivant comme eux jusqu'au jour où une courtisane lui ouvre l'entendement en s'unissant à lui, le nourrit comme un homme et l'habille. Ainsi civilisé, Enkid […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/gilgamesh/#i_8908

Pour citer l’article

Daniel ARNAUD, « HUMBABA ou HOUMBABA », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 22 avril 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/humbaba-houmbaba/