HULI

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Peuple de langue papoue, les Huli habitent les montagnes centrales de la Papouasie - Nouvelle-Guinée . Les premiers contacts avec les Blancs ont lieu en 1934, mais ce n'est qu'en 1951 qu'un poste administratif est établi au centre du territoire des Huli. Puis les missions protestantes suivent. Les Blancs entreprennent systématiquement de supprimer les conflits qui existent entre groupes indigènes, ce qui a généralement pour conséquence d'altérer profondément leur identité culturelle.

Huli (Papouasie-Nouvelle-Guinée)

Photographie : Huli (Papouasie-Nouvelle-Guinée)

Deux Huli, coiffés de leurs perruques traditionnelles, se peignent le visage. Tari, Southern Highlands, Papouasie-Nouvelle-Guinée. 

Crédits : Christopher Arnesen/ The Image Bank/ Getty Images

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Les Huli cultivent la patate douce dans les jardins gagnés sur la forêt. Grâce à la richesse du sol volcanique et à des techniques culturales élaborées (fumure, drainage du sol, etc.), ils obtiennent des rendements élevés.

L'élevage des cochons fournit un complément alimentaire appréciable, mais possède surtout une fonction sociale, économique et rituelle. Ainsi le prix de la fiancée consiste traditionnellement en une quinzaine de cochons et les indemnités de guerre versées aux alliés pour un seul mort au combat peuvent s'élever jusqu'à cent cinquante de ces animaux.

L'organisation sociale des Huli, étudiée par l'anthropologue R. M. Glass, présente un caractère atypique par rapport aux autres sociétés des Highlands. Il n'y a pas chez les Huli de groupe de filiation au sens politique, les droits et devoirs de l'individu ne sont pas hérités, comme chez les Enga, leurs voisins, selon le principe de la filiation exclusivement. Un homme appartient à un clan dont les membres sont les descendants vivants, en ligne paternelle et maternelle indifféremment, d'un même ancêtre putatif. Ils partagent un patronyme commun et observent la règle d'exogamie, mais ils vivent dispersés sur le territoire, ne possèdent aucune propriété collective et ne se regroupent jamais en vue d'une action commune. Ils s'affrontent souvent entre eux. Le groupement politique de base est constitué par l'ensemble des résidents de ce que Glass appelle une « paroisse ». Celle-ci possède un territoire, mais une partie seulement de ses membres y vivent. Ceux-ci, et c'est un trait original de la société huli, sont également affiliés à plusieurs paroisses, dans lesquelles ils peuvent résider et cultiver des terres. C'est en acquérant des droits dans de nombreux groupes qu'un homme peut atteindre un statut élevé.

Ainsi que les autres sociétés des Highlands, les Huli n'ont pas de chef ni de charge politiques héréditaires. On devient un homme de prestige par sa valeur au combat, son habileté dans l'arbitrage des querelles et la place centrale qu'on occupe dans le réseau des échanges économiques et cérémoniels. Par contre, chez les Huli, la capacité qu'a un homme d'accroître ses richesses et d'étendre le réseau de ses relations ne dépend pas au départ, comme dans les autres sociétés des Highlands de Nouvelle-Guinée, de l'influence qu'il peut exercer à l'intérieur d'un lignage ou d'un clan donné. Elle est liée à son appartenance à de nombreuses paroisses et à son savoir généalogique qui lui permettent de participer aux relations qu'entretiennent les groupes entre eux et d'arbitrer leurs conflits. En effet, la guerre joue traditionnellement un très grand rôle chez les Huli, en créant des liens d'« obligation morale » entre les individus : conclusion de pactes d'alliance, contribution aux indemnités de guerre, dédommagement individuel pour un parent tué au combat, etc.

La mobilité sociale et résidentielle implique un réajustement des alliances et un remodelage politique constants. La guerre en Nouvelle-Guinée peut se définir comme la formalisation d'un certain nombre de relations d'échanges et la recherche d'un équilibre des forces. Outre les esprits des ancêtres, qui tiennent comme partout en Mélanésie une place centrale dans la vie rituelle, et tout un peuple de démons et de divinités, un dieu, Datagaliwabe, a pour fonction spécifique d'observer et de sanctionner constamment le comportement des humains en punissant tout manquement aux règles sociales. Il maintient, selon R. M. Glass, un contrôle moral dans une société où ne s'exerce pas sur l'individu, comme dans les sociétés fondées sur les groupes de filiation, la pression du clan ou du lignage.

Au début du xxie siècle, ils sont environ 65 000.

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OCÉANIE - Ethnographie

  • Écrit par 
  • Daniel de COPPET, 
  • Jean-Paul LATOUCHE
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Dans le chapitre « Les systèmes sociaux »  : […] Les sociétés mélanésiennes sont en général, et surtout dans les archipels, de très faible dimension, allant d'une centaine à quelques milliers de personnes. Sur les hautes terres de Nouvelle-Guinée, où l'agriculture est plus intensive grâce à la culture de la patate douce, les groupes humains ont un chiffre de population qui peut aller jusqu'à plusieurs dizaines de milliers. L'organisation sociale […] Lire la suite

Pour citer l’article

Joël DUSUZEAU, « HULI », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/huli/