WALPOLE HORACE (1717-1797)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Fils du Premier ministre Robert Walpole, Horatio (que ses amis français appellent toujours Horace) est membre du Parlement de 1741 à 1768, mais son plus vif intérêt ne va pas à la politique. Il s'intéresse à l'histoire et publie quelques essais bien documentés et ingénieux, notamment une curieuse tentative de réhabilitation de Richard III. Il s'intéresse plus encore à la vie intellectuelle et culturelle de son temps, surtout au mouvement des idées françaises. Les philosophes français donnaient toute leur attention et leur admiration aux premières Lumières britanniques ; Walpole rend leur politesse aux nouvelles Lumières françaises. On le voit presque aussi souvent à Paris qu'à Londres, fréquentant les encyclopédistes et se liant d'amitié avec eux, prenant sans effort le ton et l'esprit des salons parisiens. Son ample Correspondance, dont l'édition complète ne comporte pas moins de dix-neuf volumes, témoigne de ses curiosités, de ses goûts, de sa vive intelligence de son temps, comme du talent et de l'aisance avec lesquels il adopte le tempo voltairien. La partie la moins étonnante de cette correspondance n'est pas les nombreuses lettres échangées avec Mme du Deffand. Cette femme si distinguée, si rationnelle et même rationaliste, si maîtresse d'elle-même jusque-là, a passé la soixantaine (née en 1697, elle a exactement vingt ans de plus qu'Horace) quand elle s'éprend d'une véritable passion pour cet étranger encore jeune, si sensible et si séduisant. Cette passion, qu'elle ne cherche pas à dissimuler dans ses lettres, semble n'avoir pas éveillé une passion du même ordre chez Walpole, dont les lettres offrent un mélange de tendresse, de reconnaissance, de compréhension, de délicatesse attentive et respectueuse : tout ce qu'un homme peut offrir du meilleur de son cœur et de son esprit à une femme qui l'aime, qu'il estime infiniment mais qu'il ne peut payer de retour — avec, néanmoins, cette crainte du ridicule et de l'inconvenant toujours perceptible, qui marque l'époque et aussi l'anglicisme.

Peut-on libérer sa sensibilité en [...]

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 3 pages




Écrit par :

Classification


Autres références

«  WALPOLE HORACE (1717-1797)  » est également traité dans :

ANGLAIS (ART ET CULTURE) - Architecture

  • Écrit par 
  • Monique MOSSER
  •  • 7 812 mots
  •  • 28 médias

Dans le chapitre « Renaissance hellénique et néo-gothique : les « revivals » victoriens »  : […] Reprenant certaines analyses de ce que l'on appelle l'historicisme ou l'éclectisme, N. Pevsner a écrit qu'« en Angleterre au début du xix e  siècle, le bal travesti de l'architecture battait son plein ». Mais prendre ainsi position sur l'ensemble de la production d'une époque, n'est-ce pas substituer à l'analyse historique un jugement de valeur a […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/anglais-art-et-culture-architecture/#i_5926

DEFFAND MARIE marquise du (1697-1780)

  • Écrit par 
  • Édouard GUITTON
  •  • 590 mots

Sainte-Beuve ( Lundis I et XIV) et Gustave Lanson ( Choix de lettres du XVIII e siècle ) ont parlé admirablement de M me du Deffand. Ame d'une richesse exceptionnelle, elle offre une image exemplaire du sort de la femme sous l'Ancien Régime. Son œuvre tient d […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/marie-deffand/#i_5926

GOTHIQUE LITTÉRATURE & CINÉMA

  • Écrit par 
  • Gilles MENEGALDO
  •  • 6 387 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « Un art de la transgression »  : […] La plupart des récits gothiques se démarquent de la narration linéaire en lui substituant un emboîtement de récits qui brise le pouvoir d’une voix narrative unique et omnisciente. Cette fiction est le lieu où les éléments liés à l’imaginaire dominent, où l’étrange, l’insolite, voire le surnaturel sont privilégiés au détriment d’une peinture de la normalité quotidienne. Le récit gothique suscite au […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/litterature-et-cinema-gothique/#i_5926

GRAY THOMAS (1716-1771)

  • Écrit par 
  • Pascal AQUIEN
  •  • 866 mots

Solitaire et mélancolique, grand admirateur de la nature « sauvage », Thomas Gray, l'un des grands noms de la poésie anglaise du xviii e siècle, manifesta aussi un intérêt profond pour les littératures celtique et nordique, se faisant ainsi le héraut de ce qui allait être la sensibilité romantique. Né le 26 décembre 1716 à Londres, Gray fut le se […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/thomas-gray/#i_5926

Pour citer l’article

Jean MASSIN, « WALPOLE HORACE - (1717-1797) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 mai 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/horace-walpole/