GUIGNOL LYONNAIS

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Après la Révolution française, nombre de canuts lyonnais sont en chômage. Laurent Mourguet (1769-1844) décide de se reconvertir et se fait marchand forain. Il vend d'abord des peignes, des aiguilles, du bois de chauffage, puis devient arracheur de dents. Comme le voulait la tradition, il joue des marionnettes pour attirer la clientèle. Il joue le répertoire italien. Bien vite, il abandonne la dentisterie pour ne plus se consacrer qu'à ses poupées. Aidé d'un complice amuseur public, Lambert Grégoire Ladré, dit « le père Thomas », il épuise bientôt les ressources de Polichinelle : son public cherche des personnages dans lesquels il pourrait plus facilement s'identifier. Vers 1805, Mourguet crée d'abord Gnafron, cordonnier poivrot et fort en gueule, et avec lui la première marionnette authentiquement lyonnaise. Il faudra attendre 1808 environ pour voir naître le personnage de Guignol. Les hypothèses sur l'origine du nom de Guignol sont multiples (« guign'œil » qui voulait dire louche ; « chignol » qui serait venu de l'italien Chignolo, bourg lombard ; « guignolet » qui sortirait tout droit de la pièce Nitouche et Guignolet de Dorvigny...) ; mais les caractéristiques de la marionnette et du personnage sont connues : il s'agit d'une marionnette à gaine, manipulée donc « par en dessous », héritière dans sa forme de la tradition populaire italienne. La base textuelle reste l'improvisation. Laurent Mourguet travaille sur un canevas autour duquel il brode selon son humeur et selon l'actualité du jour. Pour les crocheteurs du port d'Ainay sur la Saône, et pour les paysans du Beaujolais, Guignol remplit une fonction de gazette. Plus râleur que vraiment contestataire, il se dresse en souriant et en grinçant contre les injustices dont sont victimes les petites gens. Faussement naïf, jeune, mal embouché, il est l'incarnation d'un certain bon sens jovial dans la mauvaise humeur (cf. P. Fournel, L'Histoire véritable de Guignol, Lyon, 1975).

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  • Paul-Louis MIGNON
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Dans le chapitre « Types et mœurs populaires »  : […] Avec l'islam, l'impossibilité de figurer en chair et en os l'être humain a favorisé le « jeu des ombres ». Vers le xvi e  siècle, une comédie de mœurs, où la satire de l'actualité avait sa place, s'est organisée autour du type de Karagöz. Chauve, portant un haut bonnet, le ventre gros, bossu, brandissant un énorme phallus qui lui sert de matraque […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/marionnettes/#i_12098

Pour citer l’article

Paul FOURNEL, « GUIGNOL LYONNAIS », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 10 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/guignol-lyonnais/