GUERRE MONDIALE (PREMIÈRE)Mutineries et désobéissances collectives

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La Grogne 1914-19.., Léon Henri Ruffe

La Grogne 1914-19.., Léon Henri Ruffe
Crédits : Collection Bibliothèque de documentation internationale contemporaine

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Mutineries à Kiel, 1918

Mutineries à Kiel, 1918
Crédits : Gustav Noske/ AKG-images

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Des mutineries d’intensité croissante

Alors que les désobéissances individuelles et collectives sont éparses et discrètes dans les deux premières années du conflit, on observe à partir de l’hiver 1916-1917 une montée de l’indiscipline dans toutes les armées et sous toutes ses formes. Il faut relier cette hausse des séditions, désertions et protestations aux impasses militaires – après les batailles de Verdun, de la Somme et l’offensive Broussilov (pertes humaines gigantesques sans résultats significatifs sur le terrain, lassitude profonde des combattants) – ainsi qu'au contexte volatil qui affecte les sociétés belligérantes, touchées par l’inflation, les pénuries, la recrudescence des conflits sociaux et la réapparition du pacifisme (conférences de Zimmerwald en 1915 et de Kienthal en 1916).

Cette dernière donnée inquiète fortement les dirigeants politiques et les chefs militaires, dont beaucoup craignaient à la veille du conflit la grève générale ou la dissidence du monde ouvrier. Ils tendent donc à interpréter les mutineries qui surviennent dans la seconde partie de la guerre comme des actions organisées ou fomentées par l’extrême gauche pacifiste, voire par des agents à la solde de l’ennemi.

Révolution russe, mutineries italiennes

La réalité est plus complexe, comme le montrent les mutineries d’ampleur survenues dans les armées russe, italienne et française ainsi que dans la marine allemande en 1917. L’armée russe est affectée dès la fin de 1916 par une vague de mutineries proches du front. Leur généralisation est liée au basculement révolutionnaire parti de Petrograd en mars 1917 (février dans le calendrier julien), lui-même permis par la désobéissance collective de la garnison refusant de réprimer les manifestations. Dans ces mutineries, qui se poursuivent de façon sporadique jusqu’à la paix signée à Brest-Litovsk en mars 1918, se conjuguent deux facteurs principaux : la volonté d’une masse de soldats-paysans d’en finir avec la guerre afin de participer, à l’arrière, au partage agraire ta [...]

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Écrit par :

  • : agrégé, docteur en histoire, professeur en classes préparatoires

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André LOEZ, « GUERRE MONDIALE (PREMIÈRE) - Mutineries et désobéissances collectives », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 janvier 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/guerre-mondiale-premiere-mutineries-et-desobeissances-collectives/