GUERRE MONDIALE (PREMIÈRE)Mutineries et désobéissances collectives

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La Grogne 1914-19.., Léon Henri Ruffe

La Grogne 1914-19.., Léon Henri Ruffe
Crédits : Collection Bibliothèque de documentation internationale contemporaine

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Mutineries à Kiel, 1918

Mutineries à Kiel, 1918
Crédits : Gustav Noske/ AKG-images

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Les désobéissances militaires survenues durant la Première Guerre mondiale ont fortement marqué les mémoires, en raison notamment de la répression spectaculaire qui y est associée : des centaines de soldats (près de sept cents en France) furent fusillés pour des abandons de poste, des désertions ou des mutineries. Ces dernières sont des protestations collectives qui ont connu, sous différentes formes, une intensité croissante durant le conflit, avec des épisodes très significatifs en Italie, en France, en Allemagne et en Russie. Dans ces deux derniers pays, la désobéissance des militaires a contribué à une révolution qui a mis fin à la guerre.

Les mutineries, des formes variées de désobéissance collective

Le terme « mutinerie » désigne des actes et des événements de nature et de portée différentes, selon les contextes. Avant l’entrée en guerre de 1914, les belligérants ont le souvenir de mutineries navales (prise de contrôle d’un navire par ses marins, renversant les rapports d’autorité, comme dans les exemples célèbres du Bounty britannique en 1789 ou du Potemkine russe en 1905) et terrestres, elles-mêmes variées : mutinerie sanglante des cipayes, soldats indigènes des Indes britanniques, en 1857 ; protestation pacifique des fantassins du 17e régiment d’infanterie de Béziers, refusant d’intervenir contre les viticulteurs en grève dans le Midi en 1907.

On retrouve cette variété des formes durant la Grande Guerre, lors de laquelle les mutineries ne sont qu’un aspect, le plus frappant souvent en raison de son caractère collectif, d’une série d’actes d’indiscipline visant à éviter les combats, voire à protester contre la guerre : désertions individuelles, violences envers les officiers, mutilations volontaires, fraternisations… Autant d’actes sévèrement punis par les hiérarchies militaires s’appuyant sur des appareils juridiques spécifiques (en France, le Code de justice militaire de 1857 établit des « conseils de guerre » aux méthodes expéditives, particulièrement dans le contexte d’invasion d [...]


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Écrit par :

  • : agrégé, docteur en histoire, professeur en classes préparatoires

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André LOEZ, « GUERRE MONDIALE (PREMIÈRE) - Mutineries et désobéissances collectives », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/guerre-mondiale-premiere-mutineries-et-desobeissances-collectives/