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GRAPHOLOGIE

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La graphologie à l'épreuve des faits

Si les interprétations des graphologues ne sont pas justifiées, cela ne signifie pas qu'elles sont erronées. Mais les études empiriques de validation de la graphologie, conduites par des psychologues, parfois en collaboration avec des graphologues, sont suffisamment nombreuses pour que l'on puisse en tirer des conclusions dépourvues d'ambiguïté.

On peut s'intéresser au jugement des graphologues sans se préoccuper des indices graphiques qui le fondent. Diverses méthodes ont été utilisées. Une des plus fréquentes consiste à demander à des juges, graphologues et non-graphologues, de dire, sur la base d'un échantillon d'écriture, si le scripteur possède ou non tel ou tel trait de personnalité, les scripteurs ayant été choisis pour posséder ou non ce trait. Lorsque le contenu des échantillons d'écriture est contrôlé pour ne comporter aucun indice de la personnalité du scripteur, les prédictions des graphologues sont voisines de celles qui seraient faites au hasard. On notera que les prédictions des non-graphologues sont voisines (et aussi mauvaises), ce qui n'est guère surprenant car ils utilisent les mêmes analogies. Ces résultats ne sont guère encourageants pour la graphologie, mais on peut toujours dire que les graphologues mobilisés n'étaient pas compétents. Il y a donc lieu d’évaluer directement les relations éventuelles entre écriture et personnalité.

Les études réalisées montrent clairement (et depuis le début du xxe siècle) une absence de corrélation entre les signes graphiques et les traits de personnalité. À titre d'exemple, on n'a pas observé que les sujets introvertis écrivaient plus petit, ni que l'écriture des sujets sociables penchait plus à droite. Il ne faudrait cependant pas conclure trop vite qu'il n'y a pas de rapport entre écriture et personnalité. Ce qui doit être rejeté, c'est uniquement la prétention des graphologues à rendre compte detoutela personnalité de tous les sujets. Il est possible, comme semblent le suggérer quelques travaux anciens sur des groupes pathologiques, que quelques aspects de la personnalité soient liés à l'écriture chez quelques sujets. Mais cela reste à établir. Il reste aussi à préciser l'explication d'un fait régulièrement mis en évidence depuis plus d'un siècle : lorsqu'on leur demande si un écrit a été rédigé par un homme ou par une femme, graphologues et non-graphologues ont un taux de réussite équivalent nettement supérieur au hasard (de l'ordre de 66 p. 100).

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Pour citer cet article

Michel HUTEAU. GRAPHOLOGIE [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Article mis en ligne le et modifié le 09/01/2018

Autres références

  • KLAGES KARL LUDWIG (1872-1956)

    • Écrit par
    • 1 175 mots

    Né à Hanovre, Ludwig Klages étudia d'abord la physique et la chimie, puis, aux universités de Leipzig, Hanovre et Munich, la psychologie et la philosophie. C'est à Munich qu'il rédigea, en collaboration avec H. H. Busse, Die graphologische Praxis et Graphologischen Monathefte...

  • OPTIQUE - Optique cohérente

    • Écrit par
    • 3 978 mots
    • 4 médias
    Une application voisine est l'analyse graphologique : toute lettre manuscrite comporte une base, ou stéréotype, modifiée par un facteur de forme. La base est commune à tous les scripteurs : elle nous permet d'identifier les lettres ; le facteur de forme est particulier à chaque écriture, il nous montre...