ARNOLD GOTTFRIED (1666-1714)

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Historien allemand qui étudie d'abord la théologie luthérienne à Wittenberg et subit fortement l'influence de Spener, donc du piétisme. Mais la morale et la sensibilité piétistes ne devaient pas suffire à Arnold : nommé professeur à l'université de Giessen en 1697, il est marqué par la pensée de Christian Thomasius, mais surtout par celle de Boehme et des disciples anglais de celui-ci. Il quitte l'enseignement pour écrire des poèmes spirituels et surtout sa très volumineuse Histoire impartiale des Églises et des hérésies (Unparteiische Kirchen- und Ketzerhistorie vom Anfang des Neuen Testamentes bis auf das Jahr Christi 1688, Francfort-sur-le-Main, 1699-1700 ; rééd. anastaltique, Hildesheim, 1967). Ministre du culte à Werben (Altmark) en 1704, puis inspecteur ecclésiastique à Perleberg en 1707, il écrit d'autres ouvrages, dont l'un est consacré à Sophia, la Sagesse divine (Das Geheimnis der göttlichen Sophia, Leipzig, 1700 ; rééd. anast., Stuttgart, 1963), et un autre à une histoire de la théologie mystique (Historie und Beschreibung der mystischen Theologie oder geheimen Gottes Gelehrtheit wie auch deren alten und neuen Mysticorum, Francfort-sur-le-Main, 1703 ; rééd. anast., 1969).

Son Histoire impartiale n'a d'impartial que le nom, car l'auteur s'y montre plus que favorable à la plupart des courants « hérétiques » du christianisme. Il a accumulé une immense documentation dont il se sert pour montrer que sont finalement incompatibles la piété et l'Église, la religion et le droit, l'expérience vécue et le dogme, si bien que toute objectivation religieuse semble nuisible ou tout au moins décadente. Mais, en même temps, avec cette encyclopédie, Arnold apparaît comme l'un des premiers historiens des idées, ou des mentalités, en Occident. Son ouvrage représente une contribution très importante à l'histoire, non seulement des religions constituées et des sectes mais aussi de certaines formes d'ésotérisme (Boehme, les Rose-Croix). L'originalité d'Arnold et la précision de ses informations lui ont assuré un rayonnement qui reste toujours actuel et qui n'a pas été sans influer sur Lessing, Frédéric le Grand, Goethe, Rousseau et bien d'autres.

—  Antoine FAIVRE

Écrit par :

  • : directeur d'études à l'École pratique des hautes études (Ve section), professeur à l'université de Bordeaux-III

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Pour citer l’article

Antoine FAIVRE, « ARNOLD GOTTFRIED - (1666-1714) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 22 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/gottfried-arnold/