GONG XIAN [KONG HIEN] (av. 1599-1689) ET KUNCAN [K'OUEN-TS'AN] (1612-av. 1680)

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Théoricien et artiste chinois, Gong Xian a illustré admirablement, dans son art, ses préceptes théoriques. Dans sa peinture, exclusivement vouée au paysage et évocatrice d'un univers immobile et muet, entièrement déserté de toute présence humaine, la rigueur austère de la structure est enveloppée d'une aura de mystère. Son langage plastique, limité et monotone, possède un accent unique qui exerce une fascination d'énigme. Son registre est étroit, mais il lui appartient en propre et manifeste une totale autonomie à l'égard des courants de son siècle. Alors que ses contemporains se réclamaient tous des modèles Yuan, Gong semble ignorer ceux-ci, à la seule exception de Wu Zhen, dont il peut avoir reçu une certaine influence. En ce qui concerne les maîtres Ming, il professe une admiration particulière pour Shen Zhou, dont le gros pinceau et l'encre généreuse avaient justement commencé à perdre la vogue au profit des nonchalances élégantes et de l'intelligente sécheresse mises à la mode par Dong Qichang. Si l'on veut vraiment chercher des antécédents à la peinture de Gong, c'est plutôt du côté des maîtres Song qu'il faut se tourner.

Comme Gong Xian, le peintre Kuncan, qui était moine, a passé une grande partie de son existence à Nankin, le principal foyer intellectuel de la région du Jiangnan.

Sa peinture est individualiste sans pour autant s'inscrire à contre-courant de son époque : l'influence de Dong Qichang d'une part, et, d'autre part, celle des maîtres Yuan (Wang Meng en particulier) y sont manifestes, et cela correspond bien aux vogues artistiques du temps. Mais il réussit à convertir ces influences au service d'une vision originale et puissante. Il y a moins de diversité dans son art que dans celui d'un Shitao, par exemple, mais plus de robuste constance, et un souffle plus large.

Gong Xian, un ermite sensible aux tourmentes de l'histoire

Les jeunes années de Gong Xian sont mal connues. Probablement était-il issu d'une famille modeste ; on ignore s'il est jamais entré dans la carrière administrative ; dans l'affirmative, il n'aura [...]

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Écrit par :

  • : reader, Department of Chinese, Australian National University

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Pierre RYCKMANS, « GONG XIAN [KONG HIEN] (av. 1599-1689) ET KUNCAN [K'OUEN-TS'AN] (1612-av. 1680) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/gong-et-kuncan/