PALADE GEORGE EMIL (1912-2008)

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Biologiste américain d'origine roumaine, qui a fortement contribué à la naissance et au développement de la biologie cellulaire moderne. George Emil Palade a reçu le prix Nobel de physiologie ou médecine en 1974 – qu'il partagea avec les Belges Albert Claude et Christian de Duve – pour ses travaux sur la caractérisation des membranes intracellulaires et la mise en évidence de la dynamique des processus sécrétoires associés.

Palade est né en 1912 à Iaşi, en Roumanie, dans une famille appartenant au milieu académique (père professeur de philosophie et mère enseignante), qui lui inculque un profond respect pour les livres et l'éducation. Après l'obtention de son baccalauréat en 1930, il choisit des études de médecine qu'il effectue à l'université de Bucarest. Son goût pour la recherche le conduit à entrer au laboratoire d'anatomie pour y passer un doctorat de médecine plutôt original, sur la micro-anatomie des néphrons (unités structurales et fonctionnelles du rein qui participent à la fabrication de l'urine) du dauphin commun (Delphinus delphis), qu'il obtient en 1940. Il devient ensuite assistant en médecine interne, puis professeur associé à l'Institut d'anatomie, avant de servir dans le corps médical de l'armée roumaine pendant la Seconde Guerre mondiale.

C'est au retour de la guerre que la carrière de Palade prend un tournant majeur. En effet, en 1946, il décide de poursuivre ses recherches aux États-Unis, dans un laboratoire de biologie de l'université de New York. Il n'y restera que quelques mois. Après avoir assisté à une conférence d'Albert Claude sur la microscopie électronique il rejoint ce dernier, à la fin de 1946, dans le laboratoire de pathologie de l'Institut Rockefeller à New York. Cette technique novatrice laisse entrevoir d'énormes potentialités dans la compréhension de la structure cellulaire.

C'est dans cet institut que George Palade poursuit, durant vingt-sept ans, ses travaux sur l'ultrastructure et la dynamique subcellulaire, qui lui permettront d'obtenir le prix Nobel en 1974. Il commence à y développer, en travaillant sur du tissu hépatique, de nouvelles techniques de fractionnement et d'homogénéisation subcellulaires. Il met également au point des procédures de préparation de tissus entiers en vue de l'observation cellulaire en microscopie électronique. Ces nouveaux procédés lui permettent notamment de décrire la structure interne des mitochondries et de démontrer que ces organites sont entourés d'une double membrane. Son approche évolue ensuite, puisqu'il décide de corréler la technique de microscopie électronique avec une analyse biochimique des fractions subcellulaires. Il montre ainsi la présence, dans la cellule, de particules riches en ARN (appelées plus tard ribosomes) qui peuvent soit être associées au réticulum endoplasmique, soit être libres dans le cytoplasme, et qui sont le lieu de la synthèse protéique.

Cette étude aboutit à la mise au point de la technique dite du pulse-chase sur du tissu pancréatique de cobaye ; par une autoradiographie couplée à l'observation en microscopie électronique, elle permet de visualiser la dynamique de la synthèse protéique cellulaire. Palade démontre donc une hypothèse fortement pressentie jusqu'alors : la cellule sécrétrice est polarisée d'un point de vue fonctionnel du pôle basal vers le pôle apical et la synthèse protéique fait intervenir séquentiellement des organites précis (réticulum endoplasmique, appareil de Golgi, granules de sécrétion).

En 1973, il fonde une section de biologie cellulaire à la faculté de médecine de l'université Yale dans laquelle il vient de déménager. Il poursuit alors des études déjà commencées depuis 1953 sur l'endothélium vasculaire (couche la plus interne des vaisseaux sanguins), avec une approche biomédicale et pathologique. Il continue ensuite ses recherches à partir de 1990 à l'université de Californie à San Diego où il devient en 2003, à l'âge de quatre-vingt-onze ans, professeur émérite.

George Emil Palade fut un scientifique brillant et visionnaire. La mise au point, par lui-même ou au sein de ses laboratoires, de techniques novatrices a permis de nombreuses avancées conceptuelles dans le domaine de la biologie cellulaire, discipline qu'il a contribué à rendre majeure au sein de la biologie, au même titre que des disciplines plus anciennes comme la [...]

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Pour citer l’article

Christophe BONNEFOY, « PALADE GEORGE EMIL - (1912-2008) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 février 2023. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/george-emil-palade/