CRABBE GEORGE (1754-1832)

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Né à Aldeburgh, petit port sur la côte du Suffolk, le jeune George Crabbe écoutait son père, percepteur des taxes sur le sel, lire les poèmes de Milton et de Young à haute voix à la veillée et peut-être prend-il ainsi goût à la poésie dont il doit faire sa vocation. Mais c'est la médecine qui l'attire au départ. Il se fait apprenti chez des praticiens du lieu et tente, sans trop de succès, de s'établir dans la profession chez lui. À vingt ans, il écrit des poèmes d'inspiration religieuse, et surtout voue un amour à toute épreuve à Sarah Elmy, qu'il épousera. Écœuré par la vie à Aldeburgh, il part pour Londres en 1780, résolu à se lancer dans une carrière littéraire. C'est d'abord une année de misère et de déceptions. Edmund Burke, à qui il a écrit, le tire d'affaire, lui donne de l'argent, fait publier son premier poème, The Library (1781), contribue à le faire ordonner prêtre et à lui faire attribuer la cure de son village. Ce retour à Aldeburgh est loin d'être heureux. On lui trouve une autre situation : il devient l'aumônier du duc de Rutland, à Belvoir, en 1782. Il est désormais sauvé et libre de se consacrer à la poésie. En 1783, il fait paraître The Village, premier poème vraiment personnel, où il proclame son aversion pour la poésie pastorale conventionnelle qui idéalise mensongèrement la vie des villageois et des paysans et fait « se lamenter des Corydons fous d'amour, et des bergers proclamer leurs chagrins amoureux, les seuls chagrins, hélas, qu'ils n'éprouvent jamais » ; Crabbe partait en guerre contre une longue tradition de pastoralisme sentimental qui va de Spencer jusqu'à Goldsmith et même à Thomas Gray, l'auteur de la célèbre Élégie écrite dans un cimetière de campagne (Elegy Written in a Country Churchyard, 1750), qui voyait les bergers siffler dans des pipeaux et cultiver les vertus champêtres. Crabbe se veut le poète du réel. Il veut voir les choses, les gens tels qu'ils sont, dans leur vérité sordide, douloureuse et grossière, et sans verres de couleur. Il restera toute sa vie ce poète [...]

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Écrit par :

  • : doyen honoraire de la faculté des lettres et sciences humaines d'Aix-en-Provence

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PETER GRIMES (B. Britten)

  • Écrit par 
  • Timothée PICARD
  •  • 335 mots

Ralph Vaughan Williams – d'aucuns diraient Henry Purcell. La grande force de l'opéra, tiré du poème de George Crabbe The Borough (« Le Bourg », 1810), adapté par Montagu Slater, réside d'abord dans l'ambiguïté de son protagoniste : Peter Grimes, pêcheur dont les apprentis successifs disparaissent dans […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/peter-grimes/#i_8428

Pour citer l’article

Henri FLUCHÈRE, « CRABBE GEORGE - (1754-1832) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 10 novembre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/george-crabbe/