GALLIMARD GASTON (1881-1975)

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Fils de Paul Gallimard et de Lucie Duché, Gaston Gallimard appartient à une famille de bourgeois parisiens cultivés qui fréquentait les livres, les peintres, les gens de théâtre (elle possédait les Variétés). Peut-être est-ce auprès de ceux-ci que Paul prit l'idée du roman dialogué en un prologue et cinq journées dont l'action se passe en Dalmatie à la veille de 1848 et qui, intitulé Les Étreintes du passé, sera publié en 1928, à tirage limité, par la Librairie Gallimard. Gaston, qui devait confier plus tard : « J'ai grandi au milieu de Corot, de Renoir, de Van Gogh, de Cézanne », habita lui-même la grande maison familiale, avec sa femme Yvonne, née Redelsperger, et Claude, son fils unique. Il épouse, en secondes noces, Jeanne Dumont. Ancien élève du lycée Condorcet, Gaston Gallimard devient secrétaire d'un parlementaire, puis de Robert de Flers. Il fréquente les milieux littéraires et le monde du théâtre. Il donne alors des chroniques au Figaro et, sous la signature du « Moucheur de chandelles », au Journal amusant. Surtout, il entre en relations, par l'intermédiaire de Jean Schlumberger, avec un petit groupe d'hommes chargés d'ambition littéraire et s'apprêtant, en 1908, à fonder la Nouvelle Revue française : André Gide, Jacques Copeau, Marcel Drouin, André Ruyters, Eugène Montfort, Henri Ghéon.

La parution, en 1909, d'un second numéro 1 de la revue, le premier ayant provoqué un éclatement du groupe, était suivie deux ans plus tard de la création d'une petite maison d'édition, décidée à ne publier que ce qui semblait correspondre aux valeurs de la revue, où apparaissent notamment Valery Larbaud, Jules Romains, Paul Valéry, André Suarès, Paul Claudel, Émile Verhaeren, Léon-Paul Fargue. La Première Guerre mondiale interrompt la publication de celle-ci. En 1917, Gaston Gallimard, avec Copeau, accompagne aux États-Unis la troupe du théâtre du Vieux-Colombier, fondé en 1913 et amené à se transplanter à New York, dans le cadre de la propagande officielle de la France auprès de ses alliés américains. À la fin de la guerre, en 1919, la maison d'édition, de simple amicale devient société anonyme sous le nom de Librairie Gallimard. C'est alors la grande période de la souveraine entreprise, qui, sous la direction de Gaston, assisté de ses frères Raymond et Jacques, de son fils Claude, de son neveu Michel, mort prématurément, de ses petits-fils Christian et Antoine, va faire de son catalogue une sorte de Bottin des lettres françaises, et même étrangères (Dostoïevski, Dickens, Conrad, Chesterton, Butler, plus tard Joyce et Faulkner).

Cet aventurier de l'édition, ce découvreur et juge du génie, qu'on a dit « aussi travailleur par sa passion du livre que paresseux par vocation », a peu écrit. Il laisse surtout des articles publiés dans la Nouvelle Revue française : « Les Cent Un Propos d'Alain », déc. 1911 ; « Exposition de dessins, d'eaux-fortes et de lithographies de Frank Brangwyn (galerie Durand-Ruel) », févr. 1912 ; « Exposition de portraits de Renoir (galerie Durand-Ruel) », août 1912 ; « Première Rencontre [avec Marcel Proust] », janv. 1923. L'histoire et le labeur de Gaston Gallimard se confondent, pour la plus grande part, avec ceux de sa maison d'édition et de la revue qui lui a donné naissance.

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  • Myriam CHIMÈNES
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« GALLIMARD GASTON - (1881-1975) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 09 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/gaston-gallimard/