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GALILEO, système européen de navigation par satellite

Galileo est un système mondial de navigation et de positionnement par satellite développé par l’Union européenne (UE) et l’Agence spatiale européenne (ESA pour European Space Agency), et financé par des fonds publics. Devant s’appuyer à terme (2020) sur une trentaine de satellites, il promet notamment une meilleure géolocalisation que celle fournie par le GPS (Global Positioning System) américain. Pour cela, comme pour tout autre système de positionnement par satellite, l’utilisateur, muni d’un récepteur adéquat, doit être assuré de recevoir à tout instant et en tout point du globe les signaux émis par un minimum de quatre satellites, ces informations lui permettant de déterminer sa position (longitude, latitude et altitude) et l’heure précise.

La navigation par satellite, qui a connu un essor important depuis le début des années 2000, est désormais impliquée dans de nombreuses branches d’activité (conduite des armées, guidage des véhicules et matériels, gestion du trafic aérien ou routier, de la navigation en mer, des télécommunications…) et intégrée dans des objets de la vie quotidienne (téléphone mobile, automobile…). Elle est devenue un enjeu stratégique. Avec Galileo, qui offre des services dans de nombreux domaines (agriculture, transports, téléphonie, énergie, datation, météorologie, sciences de la Terre…), l’Europe se dote d’un dispositif qui lui assure une indépendance géostratégique et stimule l’innovation technologique et la croissance économique. Elle rejoint les États-Unis et la Russie, qui possèdent déjà leur propre système mondial de navigation et de positionnement par satellite.

Contexte mondial et enjeux du projet Galileo

Les deux premiers États à s’investir dans la navigation par satellite ont été les États-Unis et l’URSS.

Fruit de travaux menés par le département de la Défense américain dès la fin des années 1970, le GPS a été initialement développé pour une utilisation militaire. Il est opérationnel depuis 1995 et est devenu accessible aux utilisateurs civils, mais avec une moindre précision. En mai 2000, les États-Unis mettent fin à la dégradation intentionnelle du signal GPS accessible au public (selectiveavailability), ce qui donne aux utilisateurs civils l’accès à une précision de positionnement décamétrique pour l’ensemble de la planète, au lieu de l’ordre de la centaine de mètres auparavant. Le premier satellite du système GPS, qui en compte aujourd’hui 31 opérationnels, avait été mis en orbite en 1978.

Le système russe Glonass (acronyme signifiant « système global de navigation satellitaire »), conçu dans les années 1980, dont les vingt-quatre satellites étaient en orbite à la fin de 1995, ne devient opérationnel qu’au début des années 2010 – retard lié à des problèmes techniques affectant les satellites et aux bouleversements socio-économiques consécutifs à l’éclatement de l’URSS.

En 2012, la Chine annonce que Beidou 2 (ou Compass), son système de positionnement par satellite, qui n’est que régional, est opérationnel, avec une performance de positionnement de l’ordre d’une dizaine de mètres. Le déploiement d’une constellation de satellites pour une couverture mondiale avec des performances équivalentes à celles des systèmes existants est annoncé pour 2020.

Au fil des années, les progrès dans le domaine de l’électronique ont permis une baisse des coûts, de l’encombrement et de la consommation électrique des récepteurs. Les performances des systèmes ont également été améliorées pour obtenir aujourd’hui une précision de l’ordre de quelques mètres. Toutes ces avancées ont ouvert la voie au développement des applications, qu’elles soient civiles ou militaires, qui touchent aujourd’hui plusieurs milliards d’utilisateurs quotidiennement.

Sur le plan économique, l’UE estime que 6 à 7 p. 100 de son PIB sont[...]

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Écrit par

  • : ingénieur expert senior au Centre national d'études spatiales, système de navigation par satellites Galileo
  • : ingénieur

Classification

Pour citer cet article

Bernard BONHOURE et Jonathan CHENAL. GALILEO, système européen de navigation par satellite [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Médias

La constellation de satellites Galileo - crédits : ESA/ Pierre Carril

La constellation de satellites Galileo

Carte du segment au sol de Galileo - crédits : Encyclopædia Universalis France

Carte du segment au sol de Galileo

Le principe du positionnement par satellite - crédits : Encyclopædia Universalis France

Le principe du positionnement par satellite

Autres références

  • ARCHÉOLOGIE (Méthodes et techniques) - L'archéologue et le terrain

    • Écrit par François GILIGNY
    • 4 296 mots
    • 5 médias
    ...en plan manuel, ces tâches sont désormais effectuées grâce aux nouvelles technologies de la géolocalisation par satellite – comme le système GPS ou Galileo – et le relevé tridimensionnel par photogrammétrie ou lasergrammétrie qui sont appliqués au terrain et permettent un gain de temps et d’efficacité....
  • ESPACE (CONQUÊTE DE L') - L'Europe spatiale

    • Écrit par Jacques VILLAIN
    • 2 969 mots
    • 5 médias
    ...localisation...). En décembre 2005, à Berlin, deux initiatives importantes ont été prises conjointement par l'E.S.A. et l'Union européenne, d'une part, à propos du système global de navigation et de localisation par satellite Galileo, d'autre part, en ce qui concerne le programme G.M.E.S. (Global Monitoring for Environment...
  • MILITAIRE INDUSTRIE

    • Écrit par Pascal LE PAUTREMAT
    • 8 569 mots
    ...de navigation, souvent inertielle – pour ne pas dépendre du système G.P.S. (Global Positioning System) américain. D'où l'intérêt du programme européen Galileo, qui a souffert d'un retard de réalisation, par manque de consensus. Après cinq années de tergiversation, les pays européens se sont enfin...

Voir aussi