KLOPSTOCK FRIEDRICH GOTTLIEB (1724-1803)

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Klopstock est à la fois au terme d'une évolution que jalonnent les noms de B. H. Brockes, A. von Haller, F. von Hagedorn et des poètes anacréontiques, et le précurseur du Sturm und Drang, du classicisme et du mouvement romantique. C'est dire qu'il est à un tournant de la littérature allemande. Il n'avait que vingt-quatre ans lorsque les trois premiers chants du Messias lui apportèrent la célébrité et que le roi Frédéric V de Danemark l'appela à Copenhague où il demeura vingt ans.

Klopstock

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Le poète allemand Friedrich Gottlieb Klopstock (1724-1803). 

Crédits : Hulton Getty

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Durant toute cette période, Klopstock est le maître incontesté des lettres en Allemagne. Mais son ouvrage, La République des savants qui réunit en 1773 trois mille six cents souscripteurs, déçoit lorsqu'il paraît en 1774. C'est l'année où, un an après Götz, Goethe publie Werther. La poésie de Klopstock est irrémédiablement dépassée. Il continue d'écrire sans contact avec les jeunes générations littéraires. C'est le drame d'un précurseur devenu trop tôt un classique.

La poésie sentimentale

Né à Quedlindburg, près de Halle, Friedrich Gottlieb Klopstock était l'aîné de dix-sept enfants. Après quelques années d'études à Leipzig, il vécut à Copenhague jusqu'en 1770 et termina sa vie à Hambourg, au milieu d'un cercle étroit d'amis et de fidèles.

Dans l'histoire de la pensée allemande, Klopstock restera le représentant de la poésie sentimentale. Non que celle-ci n'existât pas auparavant : J. J. Bodmer et J. J. Breitinger en avaient exposé les théories, Haller et Hagedorn s'y étaient essayés, l'anacréontisme l'avait fait dévier vers l'expression de sentiments sinon mineurs, du moins peu authentiques. Si les Oden de Klopstock présentent encore des traces de la mièvrerie anacréontique, comme Das Rosenband (La Guirlande de roses), elles se recommandent par une sensibilité saine et véridique, qui, cherchant sans cesse à se dépasser et à s'extérioriser, aboutit à ce débordement des sentiments (Gefühlsüberschwänglichkeit) que le Sturm und Drang devait reprendre à son compte. Cette sentimentalité unit curieusement l'influence piétiste et les enseignements de l [...]

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Écrit par :

  • : professeur émérite à l'université de Paris-IV-Sorbonne

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Pour citer l’article

Jean MURAT, « KLOPSTOCK FRIEDRICH GOTTLIEB - (1724-1803) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/friedrich-gottlieb-klopstock/