FRANCKEN FRANS II, dit LE JEUNE (1581-1642)

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Le plus grand des Francken, Frans II ou le Jeune, fils de Frans I, neveu de Hieronymus et d'Ambrosius I, se partagea entre la grande peinture d'autel et le petit tableau de cabinet (souvent peint sur bois ou sur cuivre). Jusqu'en 1616 au moins, il signe généralement De Jon F. Franck (De Jonge signifie le jeune) pour se distinguer de son père, qui signe alors De Oude F. Francken et dans l'atelier duquel il s'est formé ; puis, après 1628, il recourt lui-même à cette même signature pour ne pas être confondu avec son propre fils, Frans III. Une facture brillante et légère, extrêmement lisse et transparente, des couleurs claires et chatoyantes, des ombres peu marquées, une incroyable prolixité (le vrai bonheur de peindre, comme chez Teniers), un dessin élégant et heureux, une faculté d'inspiration très souple qui lui permet de s'inspirer de gravures anciennes (par exemple, Raimondi, Dirck Barendsz) ou d'œuvres paternelles, à l'occasion le sens de la grisaille — une grisaille toujours blonde et lumineuse — et du camaïeu (notamment dans de petites scènes entourant une plus grande placée au centre d'un panneau, ainsi dans Le Fils prodigue du Louvre), le goût du faste, des décors et des parures exotiques ou orientales, qui transforme les évocations religieuses ou historiques en divertissements de cour avec ce manque de sérieux qui annonce déjà le xviiie siècle, autant de traits cohérents qui caractérisent les productions sorties de l'atelier de Francken, un atelier vraiment collectif où l'artiste fait travailler plusieurs collaborateurs et dont il ne signe généralement pas les travaux quand ils ne sont réellement pas de sa main. Sujets mythologiques, sujets d'histoire, parfois des cabinets d'amateurs, quelques bals dans la tradition de Hieronymus I le Vieux (ainsi à La Haye avec une collaboration probable de l'oncle et du neveu), tel est le principal répertoire d'une œuvre picturale immense, dispersée à travers tous les musées. Ce qui frappe chez Francken, c'est la finesse de son écriture, indistinctement appliquée aux charmants petits tableaux de cabinet comme à de grands tableaux d'autel (par exemple, l'Assomption de la Vierge de 1629, encore en place à son autel d'origine dans la cathédrale d'Amiens, belle œuvre très peu connue). Francken II a bien entendu collaboré avec d'autres peintres, notamment des paysagistes pour lesquels il a peint des figures, tels Govaerts (ainsi une Sainte Famille à Dijon) et Momper, ou bien des peintres d'intérieurs d'église comme Pieter Neefs ou Bartholomeus van Bassen.

Cabinet d’art et de curiosités, Frans Francken II le Jeune.

Cabinet d’art et de curiosités, Frans Francken II le Jeune.

photographie

Au XVIIe siècle, comme le trompe-l'œil ou la nature morte, la représentation du cabinet d'amateur devient un genre pictural en soi, propre à mêler dans un savant désordre les matières et les formes. La peinture flamande et néerlandaise se fera une spécialité de ces tableaux... 

Crédits : Luisa Ricciarini/ Leemage

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—  Jacques FOUCART

Écrit par :

  • : conservateur des Musées nationaux, service d'études et de documentation, département des Peintures, musée du Louvre

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Pour citer l’article

Jacques FOUCART, « FRANCKEN FRANS II, dit LE JEUNE (1581-1642) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 décembre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/frans-ii-francken/