FABRE FRANÇOIS-XAVIER (1766-1837)

Élève de David, prix de Rome en 1787, François-Xavier Fabre est, comme Wicar, l'un de ces artistes français profondément marqués par le néo-classicisme, qui menèrent en Italie la plus grande partie de leur carrière. En 1826 seulement, Fabre revint s'installer à Montpellier, sa ville natale, à laquelle il légua ses collections, comme Wicar le fit pour Lille. C'est ainsi que le musée de Montpellier possède un fonds particulièrement intéressant pour l'art français des années 1800.

À la différence de Wicar, marqué par l'idéologie révolutionnaire, l'installation de Fabre à Florence, où sa famille le rejoignit, est surtout due à son hostilité à la Révolution et à sa fidélité à l'Ancien Régime. Il repoussera toutes les avances de l'administration française et refusa par exemple, malgré la demande de Cacault, de participer à l'opération de transfert des œuvres d'art à Paris. L'homme est complexe. Son amitié amoureuse avec la comtesse d'Albany, qui avait fui son mari, Charles-Édouard Stuart, prétendant à la couronne d'Angleterre, pour rejoindre le poète et dramaturge Alfieri, est célèbre. Alfieri meurt en 1803 et Fabre devient le familier de la comtesse. Ce roman, qui assura à Fabre une forte position mondaine, donna aussi toute une série de portraits de la comtesse et d'Alfieri, dont les plus connus sont ceux de la galerie des Offices à Florence (1794) et la double effigie de 1796 (Musée civique, Turin).

Parmi les néo-classiques, Fabre est de ceux qui ont été marqués autant par les « classiques » du xviie siècle que par le retour à l'antique même. Le Nabuchodonosor faisant tuer les enfants de Sedecias en présence de leur père (1787) montre que l'élève de Vien avait beaucoup regardé Poussin. La Sainte Famille avec saint Jean-Baptiste enfant (1802, musée de Montpellier) n'a pas seulement la rareté pour l'époque d'être un sujet religieux. Elle évoque directement, par le purisme du dessin, la mise en place des foules, le traitement du paysage, l'art apaisé d'un La Hyre ou d'un Bourdon. Fabre échappe le plus souvent à l'emphase et à la tension des néo-classiques. Comme dans le grand portrait de la famille Clarke (musée Marmottan), de plaisants détails comme l'habillement troubadour des enfants, la place donnée au paysage témoignent des qualités d'un artiste qui, même s'il est resté plus proche de David que de Gérard, est l'un des maîtres du néo-classicisme tempéré.

—  Bruno FOUCART

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Bruno FOUCART, « FABRE FRANÇOIS-XAVIER - (1766-1837) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 octobre 2017. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/francois-xavier-fabre/