BONHOMMÉ FRANÇOIS (1809-1881)

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L'histoire de l'art doit retenir le nom de François Bonhommé parce qu'il fut le premier peintre de l'industrie et parce qu'il a consacré la quasi-totalité de son œuvre à l'illustration de la première révolution industrielle. Cette œuvre n'est pas seulement un témoignage historique unique sur une révolution de l'ordre technologique. Elle marque aussi, en tant que production artistique, un aspect particulier de la révolution de l'ordre social qui s'accomplit avec l'industrialisation.

Parce que le capitalisme industriel rejette l'art dans les activités inessentielles, l'art de l'âge romantique tend à se replier sur lui-même et à ignorer l'industrie. L'idée d'introduire systématiquement l'image de la machine et de l'usine dans l'iconographie picturale n'est en effet pas venue des peintres, mais des maîtres de forges. Il s'agissait, pour eux, dans les années 1830, de faire reconnaître au niveau des valeurs esthétiques à la fois les nouvelles modalités de la production et leurs produits. François Bonhommé fut leur homme de main. De 1838 à 1873, une série de commandes, faites d'abord par les industriels puis par l'État, va lui permettre de peindre une vaste fresque historique à la gloire de ceux qu'il nommait « les soldats de l'industrie ». François Bonhommé fut donc l'agent d'une de ces tentatives sans cesse répétées du pouvoir pour réduire l'art à une activité de propagande. En l'occurrence, François Bonhommé fut l'introducteur dans l'art d'une idéologie d'exaltation du travail industriel qui tendait à présenter comme des conquérants ceux qui ne se reconnaissaient eux-mêmes que comme des damnés de la terre. L'ironie de l'histoire veut que les images de ce peintre, qui se voulait la tête épique, ne soient plus lues aujourd'hui que comme les illustrations d'une histoire des techniques.

Toutes les œuvres peintes de Bonhommé ont été détruites, à l'exception de deux vues du Creusot qui se trouvent au musée de la ville. On ne possède que les gravures qu'il a faites de ses peintures et que l'on peut voir à la Bibliothèque nationale à Paris, ainsi que quelques dessins conservés au musée du Fer et de l'Industrie à Nancy.

—  Marc LE BOT

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Dans le chapitre « Le beau et l'utile »  : […] peu nombreuses et relativement tardives. C'est seulement vers 1838 que François Bonhommé, appelé par les maîtres de forges à peindre les mines et les établissements métallurgiques de Fourchambault et du Creusot, devient le premier peintre dont l'œuvre soit systématiquement et presque exclusivement consacrée à l'illustration […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/technique-et-art/#i_44398

Pour citer l’article

Marc LE BOT, « BONHOMMÉ FRANÇOIS - (1809-1881) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 17 novembre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/francois-bonhomme/