CLAUDIUS-PETIT EUGÈNE (1907-1989)

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Né à Angers, le 22 mai 1907, Eugène Petit, fils de cheminot, passionné de dessin, fut élève de l'école Boulle. Ouvrier ébéniste de 1919 à 1933, il prépara le certificat d'aptitude à l'enseignement du dessin et fut professeur de dessin dans le secondaire de 1934 à 1943. Il réaffirma bien plus tard son intérêt pour les arts plastiques en qualité de président de l'Union centrale des arts décoratifs (1961-1972) et de président du Conseil supérieur de la création esthétique industrielle (1971-1976) ; il était encore à soixante-seize ans président de la commission du ministère de la Culture pour les bourses d'études et de recherche en matière de restauration et de conservation d'œuvres artistiques.

Mais ce défenseur des métiers d'art avait aussi imposé l'esprit de création lorsqu'il était ministre de la Reconstruction et de l'Urbanisme entre 1948 et 1953. Maire de Firminy (Loire) de 1953 à 1971, il y fit travailler l'architecte Le Corbusier et obtint, pour l'ensemble de Firminy-Vert, le prix de l'urbanisme en 1961.

C'est surtout le manque de crédits qui l'empêcha de développer des projets audacieux pour les foyers Sonacotra lorsqu'il présidait, de 1957 à 1977, la Société nationale de construction de logements pour les travailleurs. Il contribua de manière décisive au relogement des sinistrés après la guerre, époque où la France dénombrait la destruction partielle de 555 980 immeubles et de 29 200 bâtiments publics et la destruction totale de 448 000 immeubles ainsi que de 4 900 édifices publics.

Pendant l'Occupation, Eugène Petit – devenu « Claudius » – fut, avec Jean-Pierre Lévy, à la tête du mouvement Franc-Tireur. C'est ce mouvement, où Antoine Avinin avait attiré beaucoup de catholiques de gauche, que Claudius-Petit représenta au comité directeur des Mouvements unis de Résistance (M.U.R.) puis au Conseil national de la Résistance, dès la première réunion du C.N.R., le 27 mai 1943, à Paris. « Claudius » contribua aussi au développement du réseau de renseignements Gallia dont il prit en charge les services de microphotographies et de reproduction de plans. Si, au printemps de 1943, « Claudius » avait insisté pour que l'Armée secrète continue d'être partiellement contrôlée par les responsables résistants métropolitains, seuls capables selon lui, de lier efficacement action politique et action militaire, il avait adopté, avec tout le C.N.R., la motion de soutien au général de Gaulle pour qu'il prépare « la renaissance de la patrie détruite, comme des libertés républicaines déchirées ».

Claudius-Petit, qui avait appris vingt-quatre heures trop tard la trahison de Caluire et n'avait pu empêcher l'arrestation de Jean Moulin, gagna Alger où il siégea à l'Assemblée consultative provisoire, parmi quarante députés issus de la résistance intérieure. Il s'y prononça contre les aspects inutiles et spectaculaires d'un activisme insurrectionnel de masse, mais il demanda à ce que les préfets de la Libération soient « choisis entièrement en accord avec la résistance intérieure ». Avec Emmanuel d'Astier, Henri Frenay, Jacques Lecompte-Boinet, il réclama que les commissaires de la République soient des hommes d'autorité, connaissant personnellement les chefs et les organisations des résistants afin qu'on soit sûr qu'ils auraient « le prestige nécessaire pour faire rentrer dans la légalité les groupements armés ». Président du Mouvement de libération nationale en 1945, il fut de ceux qui s'opposèrent à une prise de contrôle par les communistes. Dans le même esprit, il fut membre fondateur de l'U.D.S.R. (Union démocratique et socialiste de la Résistance) et président de son groupe parlementaire à l'Assemblée nationale en 1946-1947 et en 1955. Député de la Loire de 1946 à 1955, de 1958 à 1962, de 1967 à 1973, il fut également député du XIXe arrondissement de Paris de 1973 à 1978. Vice-président de l'Assemblée nationale (1959-1962, 1968-1973, 1976-1977), il siégea au Haut Conseil de l'aménagement du territoire et au Haut Comité d'études et d'information sur l'alcoolisme. Conseiller général du canton de Firminy de 1958 à 1970, il présida le comité d'expansion de la Loire de 1959 à 1973, et s'y battit pour la reconversion des zones industrielles obsolètes. Compagnon de la Libération, Eugène Claudius-Petit ne fut jamais un inconditionnel du [...]

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  • : docteur en études politiques et en histoire, ancien délégué-adjoint aux célébrations nationales (ministère de la Culture et de la Communication)

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URBANISME - L'urbanisme en France au XXe siècle

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  • Simon TEXIER
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Dans le chapitre « De l'urbanisme à l'aménagement du territoire »  : […] La parution, en 1947, de Paris et le désert français avait attiré l'attention sur l'urgence d'une politique urbaine à l'échelle du pays tout entier. Dès 1950, Eugène Claudius-Petit fait au Conseil des ministres une communication dans ce sens (« Pour un plan national d'aménagement du territoire »), et le 8 août est créé un fonds national destiné à mener cette action. Il s'agit dans un premier tem […] Lire la suite

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Charles-Louis FOULON, « CLAUDIUS-PETIT EUGÈNE - (1907-1989) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 11 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/eugene-claudius-petit/