ÉTAT TAMPON

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Situé entre deux ou plusieurs grandes puissances et soustrait à leur influence afin de les séparer et de réduire ainsi la possibilité de conflits entre elles, l'État tampon doit garder politiquement une distance égale par rapport à chacun de ses voisins. Pour cette raison, il est souvent doté d'un statut de neutralité permanente lui imposant le devoir de rester toujours en dehors de tout conflit armé. Les grandes puissances intéressées doivent reconnaître et respecter ce statut.

Historiquement, le cas le plus caractéristique de la création d'un État tampon est celui de la Belgique. Le traité de Londres du 15 novembre 1831, signé par la Grande-Bretagne, l'Autriche, la France, la Prusse, la Russie et la Belgique, stipulait en même temps l'indépendance de cette dernière et sa neutralité permanente, garantie par les cinq grandes puissances. Toutefois, au cours de la Première Guerre mondiale, la neutralité belge fut violée par l'Empire allemand, et le statut fut abrogé par le traité de Versailles du 28 juin 1919. Un autre État doté d'un statut de neutralité permanente, la Suisse (déclarations du 20 mars 1815 et du 20 novembre 1815), est devenu en fait un État tampon après l'unification de l'Italie et la naissance de l'Empire allemand. À partir de 1955, l'Autriche a joué le rôle d'un État tampon en séparant des territoires d'États membres de l'alliance de l'Atlantique Nord de ceux du pacte de Varsovie. Toutefois, sa neutralité ne résultait pas explicitement d'une convention internationale conclue entre les puissances intéressées, mais de sa Constitution promulguée le 26 octobre 1955. En fait, d'autres États situés entre les deux blocs militaires pouvaient être considérés comme des États tampons, dans la mesure où ils menaient une politique indépendante par rapport aux grandes puissances opposées. Ce fut le cas de la Suède et de la Yougoslavie qui, sans avoir un statut juridique particulier en droit international, se considéraient comme « non engagées ». En Asie du Sud-Est, une tentative a été faite, après le retrait des forces françaises de l'Indochine, d'ériger le Cambodge et le Laos en États tampons, mais aucun de ces deux États n'a pu échapper à la guerre civile et à des interventions étrangères.

Départ des soldats français de Saigon, 1956

Départ des soldats français de Saigon, 1956

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En 1956, les derniers soldats français quittent Saigon. 

Crédits : Keystone/ Getty Images

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—  Alexandre KISS

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Pour citer l’article

Alexandre KISS, « ÉTAT TAMPON », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 10 août 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/etat-tampon/