ÉPIGÉNÉTIQUE ET THÉORIE DE L'ÉVOLUTION

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Chatte au pelage « écaille de tortue »

Chatte au pelage « écaille de tortue »
Crédits : Teekevphotograph/ Shutterstock

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Conrad Waddington

Conrad Waddington
Crédits : American philosophical society/ SPL/ AKG

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Paysage épigénétique selon Waddington

Paysage épigénétique selon Waddington
Crédits : Conrad H. Waddington/ D.R.

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Fleurs Linaria vulgaris de formes très différentes

Fleurs Linaria vulgaris de formes très différentes
Crédits : John Grimshaw

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Hérédité épigénétique et théorie synthétique de l’évolution

On vient de voir que, pour des raisons épistémologiques et théoriques, l’épigénétique moderne ne conduit pas au lamarckisme. L’hérédité épigénétique est-elle pour autant sans incidence sur la théorie synthétique ? Cette question est, cette fois-ci, largement ouverte et extrêmement débattue.

Il y a au moins deux manières complémentaires de l’aborder. La première consiste à se placer sur le terrain empirique : l’hérédité épigénétique transgénérationnelle est-elle fréquente dans la nature ? Cette question est très difficile, d’abord parce que les données fiables sont encore très peu nombreuses. De plus, il n’y a pas pour le moment de consensus sur l’interprétation et donc la portée évolutive potentielle des résultats obtenus. Par ailleurs, cette forme d’hérédité repose sur des mécanismes très divers et dont les conséquences sont variables en fonction des organismes considérés. En effet, de manière générale, plus la lignée germinale – la population de cellules à l’origine des cellules reproductrices – est isolée au sein du soma (le « corps » de l’individu pluricellulaire, dont la durée de vie est limitée) et moins les modifications épigénétiques sont susceptibles de l’atteindre et donc d’être transmises. L’isolement entre les cellules germinales et les cellules somatiques rend complexe la possibilité d’une rétroaction du soma sur le germen. Par exemple, chez les mammifères, ce mode d’hérédité est certainement presque négligeable alors que chez les végétaux, chez qui il n’y a pas vraiment de distinction entre germen et soma, il est probable que l’hérédité épigénétique soit plus fréquente.

Fleurs Linaria vulgaris de formes très différentes

Fleurs Linaria vulgaris de formes très différentes

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Les fleurs de Linaria vulgaris peuvent prendre deux formes très distinctes, auxquelles on associe deux noms différents, alors qu'elles possèdent le même génome. Le phénotype « muté » (à droite), appelé Peloria, stable sur plusieurs générations, n’est pas dû à une mutation... 

Crédits : John Grimshaw

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Ce débat possède aussi un versant théorique : pour que l’on puisse juger de l’impact de l’hérédité épigénétique sur la théorie synthétique, il faut que cette dernière soit précisément caractérisée. Or, très souvent, cette théorie est aujourd’hui réduite à un petit nombre de principes inarticulés entre eux, tels que : l’hérédité biologique a comme support la molécule d’ADN ; la mutatio [...]


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Écrit par :

  • : chargée de recherche au CNRS, Institut d'histoire et de philosophie des sciences et des techniques
  • : docteur en épistémologie et histoire des sciences, chargé de recherche au CNRS, professeur agrégé de sciences de la vie et de la Terre

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Pour citer l’article

Francesca MERLIN, Laurent LOISON, « ÉPIGÉNÉTIQUE ET THÉORIE DE L'ÉVOLUTION », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/epigenetique-et-theorie-de-l-evolution/