ÉPIGÉNÉTIQUE ET THÉORIE DE L'ÉVOLUTION

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Chatte au pelage « écaille de tortue »

Chatte au pelage « écaille de tortue »
Crédits : Teekevphotograph/ Shutterstock

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Conrad Waddington

Conrad Waddington
Crédits : American philosophical society/ SPL/ AKG

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Paysage épigénétique selon Waddington

Paysage épigénétique selon Waddington
Crédits : Conrad H. Waddington/ D.R.

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Fleurs Linaria vulgaris de formes très différentes

Fleurs Linaria vulgaris de formes très différentes
Crédits : John Grimshaw

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Hérédité épigénétique et lamarckisme

Ces deux questions, celle de la nécessité de modifier la théorie synthétique et celle d’un retour du lamarckisme, sont souvent largement entremêlées. Il est pourtant indispensable de bien les distinguer, car elles ne s’impliquent pas mutuellement : il est possible qu’il faille amender la théorie synthétique de l’évolution sans pour autant que l’explication lamarckienne (re)devienne elle-même pertinente. Qu’en est-il d’abord d’un possible retour du lamarckisme, dont il est souvent fait état, soit dans la littérature scientifique, soit surtout dans la presse de vulgarisation ? Cette question, pour pouvoir être résolue, nécessite à son tour d’être décomposée en deux sous-questions nettement distinctes.

Il convient dans un premier temps d’examiner un possible retour du lamarckisme au sens fort : l’existence de l’hérédité épigénétique transgénérationnelle autoriserait le déploiement d’un néolamarckisme globalement équivalent aux théories lamarckiennes du xixe et du début du xxe siècle. Pour répondre à cette première question, il est indispensable de définir précisément ce que l’on appelle une théorie lamarckienne de l’évolution. Lamarckisme et hérédité des caractères acquis sont souvent compris comme synonymes, mais l’histoire des sciences nous montre que cette équivalence n’est pas exacte. En effet, tout au long du xixe siècle et durant les premières années du xxe siècle, les différentes formes de théories lamarckiennes étaient conçues par leurs défenseurs comme des théories générales de l’évolution des espèces. Leur objectif était de rendre compte intégralement de l’évolution du vivant, depuis la formation des premiers organismes jusqu’à l’époque actuelle. Autrement dit, les mécanismes lamarckiens – au premier rang desquels l’hérédité des caractères acquis – étaient vus comme des propriétés originelles, comme des attributs inhérents à la matière vivante, le protoplasme. Les biologistes ne s’entendaient pas sur la manière dont il fallait concevoir le mécanisme de l’hérédité de l’acquis, mais, le plus souvent implicitement, celui-ci [...]


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Écrit par :

  • : chargée de recherche au CNRS, Institut d'histoire et de philosophie des sciences et des techniques
  • : docteur en épistémologie et histoire des sciences, chargé de recherche au CNRS, professeur agrégé de sciences de la vie et de la Terre

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Pour citer l’article

Francesca MERLIN, Laurent LOISON, « ÉPIGÉNÉTIQUE ET THÉORIE DE L'ÉVOLUTION », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 10 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/epigenetique-et-theorie-de-l-evolution/