ZAPATA EMILIANO (1879 env.-1919)

La révolution mexicaine a fait d'Emiliano Zapata un martyr de la réforme agraire et un héros national. Sa vie se confond, pour l'essentiel, avec celle des paysans qui combattirent à ses côtés entre 1911 et 1919 pour faire reconnaître leurs droits sur la terre.

Zapata, chef rebelle

Zapata, chef rebelle

photographie

Emiliano Zapata (1877 env.-1919), chef de la rébellion paysanne dans le sud du Mexique (1915). 

Crédits : Hulton Getty

Afficher

Emiliano Zapata, petit propriétaire métis, réputé expert en chevaux, est né à San Miguel de Anenecuilco, un village de l'État de Morelos, situé au sud de Mexico. À la veille de la révolution, la situation sociale est très tendue dans le Morelos, en raison de l'expansion des haciendas sucrières qui, avec la complicité des autorités, s'emparent des terres des communautés villageoises. Actif dans toutes les luttes agraires, Zapata est désigné, en 1909, président du conseil municipal d'Anenecuilco.

Lorsque Porfirio Díaz est élu pour la huitième fois président de la République, Zapata se rallie à l'opposant Francisco Madero, dont le plan de San Luis Potosi, rédigé en octobre 1910, alors que son auteur est réfugié à San Antonio (Texas), lance un appel à l'insurrection et contient la promesse d'une restitution des terres usurpées. Prenant la tête du soulèvement du Morelos en mars 1911, il contribue à la chute de Díaz tout en appuyant les objectifs des paysans-soldats, dont certains procèdent à des « invasions de terres ». Pour les planteurs du Morelos et la grande presse de Mexico, Zapata est désormais un « bandit », un « Attila moderne », et son mouvement une guerre contre la propriété.

Zapata se rend à Mexico le 7 juin 1911 pour exposer les revendications agraires au président Madero. Mais celui-ci temporise, tandis que le Morelos est occupé par les troupes fédérales. S'estimant trahi, Zapata rend public le plan d'Ayala (28 novembre), qui réclame la restitution des terres aux villages ainsi que l'expropriation, contre indemnisation, du tiers des grands domaines. Il s'agit, sans supprimer les plantations, de rétablir l'équilibre au profit des habitants des communautés et de leur permettre de conserver leur mode de v [...]


pour nos abonnés,
l’article se compose de 2 pages

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Écrit par :

Classification


Autres références

«  ZAPATA EMILIANO (1879 env.-1919)  » est également traité dans :

CARRANZA VENUSTIANO (1859-1920)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 530 mots

de Carranza commence à se diviser. Un groupe de rebelles, emmenés par Pancho Villa et Emiliano Zapata, s'oppose au gouvernement provisoire de Carranza et réclame des réformes sociales immédiates. Carranza assoit néanmoins son pouvoir grâce à la victoire de son armée, commandée par le général Álvaro Obregón, sur les forces […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/venustiano-carranza/#i_37091

MADERO FRANCISCO (1873-1913)

  • Écrit par 
  • Olivier COMPAGNON
  •  • 840 mots

du peuple, en attente de profondes mesures sociales et notamment d'un plan de redistribution des terres. Après l'insurrection d'Emiliano Zapata dans le Morelos en novembre 1911, une armée menée par Pascual Orozco se soulève à son tour en mars 1912. Madero recourt aux services du général Huerta, qui inflige une série de défaites à l'armée d' […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/francisco-madero/#i_37091

MEXIQUE

  • Écrit par 
  • Jacques BRASSEUL, 
  • Henri ENJALBERT, 
  • Roland LABARRE, 
  • Cécile LACHENAL, 
  • Jean A. MEYER, 
  • Marie-France PRÉVÔT-SCHAPIRA, 
  • Philippe SIERRA
  •  • 32 133 mots
  •  • 26 médias

Dans le chapitre « L'étape madériste »  : […] », vite ralliée par les États du Nord, les plus développés. Pancho Villa, révolté du Nord, et Emiliano Zapata, leader métis des Indiens du Sud, s'y joignirent, tandis que les États-Unis, inquiets du nationalisme antiyankee de Huerta, intervenaient ouvertement en faveur des constitutionnalistes. Ils débarquaient même, en 1914, à […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/mexique/#i_37091

RÉVOLUTION MEXICAINE (1910)

  • Écrit par 
  • Olivier COMPAGNON
  •  • 197 mots
  •  • 1 média

Alors que le vieux dictateur Porfirio Díaz vient d'être reconduit à la tête du Mexique qu'il dirige depuis 1876, Francisco Madero, grand propriétaire terrien partisan d'une évolution libérale et démocratique, lance […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/revolution-mexicaine/#i_37091

VILLA FRANCISCO, dit PANCHO (1878-1923)

  • Écrit par 
  • Annick LEMPÉRIÈRE
  •  • 841 mots
  •  • 2 médias

Victoriano Huerta, vaincu, quitte le pays, ses quarante-cinq mille soldats permettent à Villa de tenir tête aux autres vainqueurs. Contre la faction dirigée par Venustiano Carranza, qui prétend incarner la légitimité madériste et entend lui disputer le contrôle du nord du pays, il s'allie avec Emiliano Zapata, avec qui il entre dans Mexico ( […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/villa-francisco-dit-pancho/#i_37091

Pour citer l’article

Annick LEMPÉRIÈRE, « ZAPATA EMILIANO (1879 env.-1919) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 septembre 2017. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/emiliano-zapata/