MÖRIKE EDUARD (1804-1875)

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Un succès tardif

Mörike est, dans ses rythmes, d'une rare versatilité et se meut avec aisance dans les mètres courts de la poésie populaire, comme dans les strophes strictes de modèle antique, et dans l'hexamètre ou le distique classiques, traités sans pédantisme, et dont il tire souvent des effets comiquement pompeux, opposés à la minceur du sujet : ainsi dans le plus vaste de ses poèmes, l'Idylle sur le lac de Constance (Idylle am Bodensee). Il fut l'un des rares Allemands à cultiver la poésie du non-sens, et son monologue du vieux coq de clocher – Der alte Turmhahn – mis à la retraite dans le bureau pastoral de Mörike utilise avec humour le Knittelvers (mètre à quatre accents) et la langue archaïque du xvie siècle, qui convient à ce vieux serviteur de l'Église luthérienne. Ses pièces les plus poignantes font usage d'un rythme ample et libre, dont les montées et les retombées suivent les modulations du sentiment.

Mise à part l'Idylle sur le lac de Constance, cette œuvre discrète et fine n'a guère attiré l'attention du public, et le succès puis la gloire vinrent tardivement, alors que sa veine s'était presque entièrement tarie. Il eut pour compensation l'estime de confrères illustres et des amitiés fidèles, qui atténuèrent ses misères physiques et l'horreur de son enlisement dans une existence de quasi-pauvreté.

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Écrit par :

  • : ancien élève de l'École normale supérieure, agrégé d'allemand, professeur de littérature allemande à l'Université libre de Bruxelles et à la Vrije Universiteit Brussel

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Pour citer l’article

Henri PLARD, « MÖRIKE EDUARD - (1804-1875) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 décembre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/eduard-morike/